Bases de données sur l’art sur internet, une transformation du marché de l’art

Avez-vous déjà fait une recherche internet sur le nom d’un artiste ?

En tête des premiers résultats caracolent une flopée de bases de données qui vous invitent à consulter les dernières ventes des œuvres de l’artiste ou sa biographie moyennant un abonnement.
Ces bases de données fournissent les résultats des ventes des œuvres d’art sur le second marché c’est à dire le marché des ventes aux enchères d’œuvres d’art. Apparues depuis une dizaine d’années, elles ont transformé en profondeur le marché de l’art au point que certains les voient même comme le point de passage obligé pour déterminer la cote d’un artiste.

Avant l’apparition de ces bases de données, les sources d’informations sur le marché de l’art étaient en effet bien maigres. Des annuaires et dictionnaires recensant les résultats des ventes et les cotes des artistes existaient mais leur coût était élevé, le choix des artistes était restreint, les estimations des cotes succinctes et pour ne rien arranger, ces dictionnaires ne paraissaient qu’annuellement.

Grace aux bases de données sur internet, l’information sur les ventes des œuvres d’art devient accessible quasi en temps réel, à un niveau mondial, et avec un cout d’abonnement relativement abordable. Le marché de l’art s’en trouve dynamisé et davantage de personnes disposent des moyens de s’y intéresser de plus près sans prendre de risques.
L’étude des bases de données permet également de repérer le passage en vente de la même œuvre d’art dans le monde à plusieurs reprises : il devient ainsi possible d’identifier les phénomènes de spéculation sur les œuvres d’art. Le marché de l’art a donc grandement gagné en transparence à travers l’information apportée par les bases de données.

Voici quelques conseils pour vous permettre d’utiliser ces bases de données au mieux.

Gardez tout d’abord en tête que les bases de données ne reflètent qu’une partie des transactions du marché de l’art. Les ventes du premier marché, c’est-à-dire les ventes faites directement par les artistes ou les galeries ne sont pas inclues dans les données de ces bases. Les bases de données listent uniquement les ventes du second marché et essentiellement les ventes sur catalogue. Par ailleurs, il faut savoir que certains commissaires priseurs ne déclarent pas toujours les prix d’adjudication des œuvres qu’ils ont vendues.

Sachez aussi que les bases de données communiquent sur le prix au marteau attribué à une œuvre d’art. Ce prix au marteau est différent du prix effectivement payé par l’acheteur.  25% de plus s’ajoutent en effet au prix au marteau pour payer les frais des commissaires priseurs et la TVA. Pour connaître le « véritable » prix d’une œuvre d’art, il faut donc ajouter 25% au prix que vous voyez affiché sur les bases de données.

N’oubliez pas le fait que les bases de données ne mentionnent ni l’état de conservation de l’œuvre ni la façon dont elle est présentée (encadrement, montage…). Or, ces deux caractéristiques peuvent beaucoup jouer sur le prix final attribué à une œuvre dans une salle des ventes: un encadrement d’origine par l’artiste peut par exemple faire doubler le prix d’une œuvre.

Les bases de données ont permis une avancée extraordinaire vers plus de transparence sur le marché de l’art. Elles sont un des instruments permettant d’évaluer la cote d’un artiste ou la valeur d’une œuvre mais elles ne sont malheureusement pas exhaustives.
Pour réaliser le rêve d’un marché de l’art entièrement transparent il faudrait aussi disposer des données de vente des galeristes et des musées par exemple, complétées par les estimations de la valeur des œuvres d’art réalisées les experts, ou encore par le fisc lors des successions.

* ceux-ci consistent à vendre une œuvre plusieurs fois dans différents pays en jouant sur son prix à la hausse.
° prix crié par le commissaire priseur lorsqu’il adjuge une œuvre en frappant avec son marteau sur la table.