Conséquences de la mort d’un artiste

Les raisons qui influent sur la cote d'un artiste après sa mort sont variées mais identifiables et peuvent donc être influencées.

Quand un artiste s’éteint, c’est une vie consacrée à la création qui se termine.
C’est une façon de voir et de faire percevoir le monde qui disparaît.

Quand un artiste meurt, la mélancolie que suscite la contingence de l’existence humaine est particulièrement palpable dans la mesure où l’artiste nous a fait partager son âme à travers ses œuvres.

Mais à la mort d’un artiste se posent aussi des questions sur la continuité et la valorisation de son œuvre dans le temps. La cote de certains artistes s’envole après leur disparition. Pour d’autres, leur cote entre en purgatoire et connaît une forte dépréciation. Les historiens d’art se perdent en questionnements sans fin.
Pourtant l’explication est simple. Il faut en fait s’intéresser à un critère essentiel : la notoriété atteinte par les artistes de leur vivant. C’est en effet l’élément déterminant pour expliquer ces différentes évolutions de cote.

 


© Alan Schein/zefa/Corbis/Alan Schein

Chaque artiste relève d’un des cas suivants :
 

L’artiste « iconique »

Il était déjà reconnu de son vivant comme un élément essentiel et marquant du monde de l’art.
L’accueil fait à son œuvre après sa mort sera toujours aussi enthousiaste. L’artiste iconique a acquis avant sa mort une place au Panthéon des artistes : ses œuvres sont adoubées par les critiques ou historiens d’art et le public y est sensible.
Elles seront donc toujours autant valorisées après sa mort, les passionnés continueront à se battre pour les acquérir et sa cote conservera donc sa place dans les hautes sphères. C’est le cas des œuvres de Toulouse-Lautrec ou de Picasso.
 

L’artiste à la mode

Il était très populaire et dont la personnalité forte et charismatique contribuait à séduire le public.
A la mort de l’artiste, le phénomène d’actualité dont il bénéficiait prend fin de facto. Sa notoriété reposait en partie sur sa personnalité et sa façon de se mettre en scène : à sa mort, ses œuvres ne rencontrent donc plus autant de succès et sa cote connaît en général une dépréciation. Mais si sa création était véritablement originale et de qualité, sa cote retrouve son niveau initial au bout de quelques années. Sorti du phénomène de mode, c’est alors la qualité artistique de ses œuvres seule qui est valorisée.

Georges Mathieu est un bon exemple: ses œuvres étaient portées par un courant de mode dans les années 70, sa cote a baissé à sa disparition et elle connaît actuellement une appréciation entièrement due à la qualité de son travail.
A contrario, l’artiste Raffy le Persan qui était à la mode dans les années 80 a aujourd’hui une cote faible qui ne s’appréciera probablement pas beaucoup plus.
 

L’artiste moins connu mais de bonne qualité

Il créait avec talent mais manquait de visibilité de son vivant.
A sa mort, la valeur attachée à ses œuvres peut soit augmenter considérablement soit plonger totalement. Cela dépendra de la façon dont elles seront présentées sur le marché de l’art.
Lorsque ses œuvres sont conservées par des personnes qui s’y intéressent : ses héritiers ou encore un galeriste qui a reconnu son talent, ceux-ci mènent une réflexion sur la communication autour de cet artiste et la meilleure façon de diffuser ses œuvres.
La mort de l’artiste est l’occasion de le médiatiser, d’organiser des rétrospectives et des expositions. C’est le meilleur moyen de toucher un large public d’amateurs. Le choix des œuvres présentées sur le marché est alors déterminant puisque, comme pour des biens économiques, c’est leur qualité et leur rareté qui vont faire la différence. Avec une bonne communication et un choix d’œuvres judicieux et restreint, la cote de l’artiste a toutes les chances de s’apprécier puisque la qualité est au rendez-vous.
C’est le cas de Contantin Terechkovitch, très bon artiste russe de l’Ecole de Paris dont la cote a bénéficié du soutien constant de ses héritiers.

Si au contraire personne ne se préoccupe de la continuité de son œuvre, il arrive souvent que l’atelier de l’artiste soit vendu par une salle des ventes. L’atelier de l’artiste est d’abord son lieu de travail et désigne ensuite par extension l’ensemble des œuvres qui s’y trouvaient. Le nombre de ces œuvres, créées au fil de nombreuses années de travail, peut se chiffrer en centaines.
Sans publicité préalable et du fait de la trop grande profusion des œuvres, les prix qui vont leur être attribués seront dérisoires au regard de leur qualité. La cote de l’artiste, malgré son talent, va alors chuter.