Grand nu. Croquis de vitesse d'Albert Marquet achat dessin
Technique : 
Support : 
papier
Dimensions : 
21cm x 33cm
Inscription : 
Non signé
Etat de l'œuvre : 
Moyen. Jaunissement. Salissures
Domaines : 
Période : 
3000 €
L'œuvre

Bel exemple de ces croquis de vitesse que Marquet aimait tant pratiquer avec son ami Matisse.

Ce dessin double face est monté dans un passe-partout blanc marqué du timbre sec de la dispersion des archives et dessins de Marquet en 2010.

Visionnez la vidéo sur les dessins de Marquet.

Qu'en dire ?

Marquet jette un regard rapide au modèle, esquisse en deux traits la courbe du corps. Agacé, il constate qu’il ne peut continuer, son trait va sortir du cadre. L’artiste retourne sa feuille, la cornant au passage, elle glisse, il la rattrape et l’empreinte de son pouce se marque sur le papier.

Le temps coule trop vite. Le peintre regarde à peine en direction du modèle. Vite, il reproduit la silhouette déjà esquissée, précise la coupe d’un sein, rajoute un bras dont il déforme le raccourci. Deux accents bien marqués pour le nombril et l’entrejambe. C’est bien.

Il reste quelques précieux instants et le visage apparait alors, suggéré par des spirales rapides. La femme rit à la vue de tous ces rapins qui  luttent contre le temps. Marquet saisit le sourire qu’elle dissimule derrière la main. C’est fini.

Vite, une autre pose. Le croquis oublié tombe et s’en va ramasser la poussière du plancher. Marquet est déjà passé à un autre sujet. Mais il nous a laissé en témoignage ce bel instant de vie…

Cette oeuvre est belle et laide en même temps.

Au premier regard, on pourrait n’y voir qu’un crobart sans intérêt. Mais on se réveille la nuit en pensant à cette lourde silhouette de femme, à ce poids du corps pesant sur une jambe, à ce sourire malicieux qui se cache derrière la main...

- Un Marquet sans eau, ce n’est pas un Marquet, aiment à pérorer les critiques d’art. Oui, Marquet aime l’eau. Il aime aussi beaucoup les femmes. Car il faut beaucoup aimer les femmes pour saisir ainsi le caractère d’un modèle, sa gaité, alors qu’on a déjà gâché de précieuses secondes dans un mauvais départ.

C’est alors qu'un bon orateur peut évoquer comment Marquet a mis son talent au service de son amour des femmes, décrire ses dessins érotiques si …, tellement … Mais c’est risqué, il faut bien en convenir !

L'artiste

Marquet

Albert

Albert Marquet  est né à Bordeaux en 1875. Il étudie à l’ecole des Arts décoratifs de Paris où il se lie d’amitié avec Matisse et Derain. Il poursuit ses etudes à l’Ecole des Beaux Arts dans l’atelier de Gustave Moreau.

Après une période fauve,  il devient un maître du paysage (urbains notamment) et des etudes de nus. Il recherche la simplicité et la pureté du trait avec une grande sensibilité. Mais il continue à s'interesser aux personnages, dont il anime souvent ses paysages, au point que Matiise le surnomme " notre Hokusai", le comparant au maître de l'estampe japonaise.