achat objet Napoléon Tabatière de demi-solde
Technique : 
Support : 
Etain
Dimensions : 
9cm x 5cm x 1,7cm
Inscription : 
"Le fidèle Bertrand" autour du portrait d'homme sur le couvercle
Etat de l'œuvre : 
Moyen, état d'usure
Domaines : 
Période : 
85 €
L'œuvre

Objet dit séditieux. Date d'après 1815.

Qu'en dire ?

L'armée de Napoléon a été démembrée sous Louis XVIII et Charles X et les soldats n'avaient plus le droit de servir, devaient s'habiller en civil et touchaient la moitié de leur solde, d'où l'expression "demi solde", sans avoir le droit d'exercer un autre métier.

Il était interdit de porter des objets à l'effigie de l'empereur ou des symboles de l'Empire sous peine d'etre emprisonné. Les objets séditieux représentaient l'Empereur ou des symboles de la puissance impériale de facon dissimulée.

Henri Gatien comte Bertrand était un des fidèles de Napoléon et l'a suivi à Sainte Hélène, c'est à lui que fait surement référence k'inscription "Le fidèle Bertrand".

L'empreinte des doigts du propriétaire est imprimée dans le métal tendre, signe de l'émotion qui devait le transporter à la pensée de l'empereur.

Un objet émouvant qui provient du quotidien d'un homme simple, "d'un petit d'un sans grade" comme dans la tirade de Flambeau (cf ci-dessous un extrait de L'aiglon d'Edmond Rostand)

"Le Laquais (descendant peu à peu vers Marmont)
Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grades,
Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,
Sans espoir de duchés ni de dotations;
Nous qui marchions toujours et jamais n'avancions;
Trop simples et trop gueux pour que l'espoir nous berne
De ce fameux bâton qu'on a dans sa giberne;
Nous qui par tous les temps n'avons cessé d'aller,
Suant sans avoir peur, grelottant sans trembler,
Ne nous soutenant plus qu'à force de trompette,
De fièvre, et de chansons qu'en marchant on répète;
Nous sur lesquels pendant dix-sept ans, songez-y,
Sac, sabre, tournevis, pierres à feu, fusil,
-Ne parlons pas du poids toujours absent des vivres!-
Ont fait le doux total de cinquante-huit livres;
Nous qui coiffés d'oursons sous les ciels tropicaux,
Sous les neiges n'avions même plus de shakos;
Qui d'Espagne en Autriche exécutions des trottes;
Nous qui pour arracher ainsi que des carottes
Nos jambes à la boue énorme des chemins,
Devions les empoigner quelque fois à deux mains;
Nous qui pour notre toux n'ayant pas de jujube,
Prenions des bains de pied d'un jour dans le Danube;
Nous qui n'avions le temps quand un bel officier
Arrivait, au galop de chasse, nous crier :
"L'ennemi nous attaque, il faut qu'on le repousse!"
Que de manger un blanc de corbeau sur le pouce,
Ou vivement, avec un peu de neige, encor,
De nous faire un sorbet au sang de cheval mort;
Nous...
LE DUC (les mains crispées aux bras de son fauteuil, penché en avant, les yeux ardents.)
Enfin!
LE LAQUAIS
...qui, la nuit, n'avions pas peur des balles,
Mais de nous réveiller, le matin, cannibales;
Nous...
LE DUC (de plus en plus penché; s'accoudant sur la table, et dévorant cet homme du regard.) 
Enfin!...
LE LAQUAIS  
...qui marchant et nous battant à jeun
Ne cessions de marcher...
LE DUC (transfiguré de joie) 
Enfin! J'en vois donc un!
LE LAQUAIS
...Que pour nous battre, et de nous battre un contre quatre,
Que pour marcher, et de marcher que pour nous battre,
Marchant et nous battant, maigres, nus, noirs et gais...
Nous, nous ne l'étions pas, peut-être, fatigués?
Marmont, (interdit.)
Mais..
Le Laquais
Et sans lui devoir, comme vous, des chandelles,
C'est nous qui cependant lui restâmes fidèles !
Aux portières du roi votre cheval dansait !...
(Au Duc.)
De sorte, Monseigneur, qu'à la cantine où c'est
Avec l'âme qu'on mange et de gloire qu'on dîne...
Sa graine d'épinard ne vaut pas ma sardine !
Marmont
Quel est donc ce laquais qui s'exprime en grognard ?
Le Laquais, (prenant la position militaire.)
Jean-Pierre-Séraphin Flambeau, dit « le Flambard ».
Ex-sergent grenadier vélite de la garde."