André-Pierre Arnal

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1939-2024

André-Pierre Arnal est un plasticien et un poète français né à Nîmes le

FORMATION

Il entame une formation littéraire et artistique à l’Université de Montpellier, où il étudie les lettres et l’histoire de l’art tout en fréquentant l’École des Beaux-Arts de Montpellier pour des cours de dessin et de peinture.
Ce double ancrage, intellectuel et plastique, marque durablement son approche artistique.
Durant ses années de formation, Il découvre l’œuvre de Paul Klee, qui exerce sur lui une influence déterminante. Il explore alors des techniques comme le monotype, les empreintes, les pliages — notamment ceux inspirés des origamis populaires — , préparant le terrain de ses rapprochements avec le groupe Supports/Surfaces. 

LA GALERIE ARIEL

Il s’installe à Paris à la fin des années 1950. En 1963, Jean Pollak l’accueille à la galerie Ariel, qui exposera régulièrement ses travaux pendant plus de vingt ans. Arnal y présente des toiles, des encres, des papiers marouflés et des collages. Il expose également à l’étranger : à Tokyo, Munich, Francfort ou Genève.

SUPPORT-SURFACES

A la fin des années soixante, André-Pierre Arnal se rapproche du groupe Supports/Surfaces, mouvement constitué autour de peintres originaires du Sud de la France (Viallat, Dezeuze, Saytour, Pincemin…), qui remettent en question la peinture de chevalet traditionnelle et ses conventions : cadre, châssis, perspective, illusion. Sans être un membre fondateur, Arnal participe à plusieurs expositions collectives organisées avec les artistes de ce groupe, notamment à Montpellier, à Nice (galerie Léo Castelli), et à Paris.
Ses recherches plastiques de cette époque en portent clairement la trace : il travaille sur des papiers non tendus, des toiles brutes, ou des supports marouflés, où l’empreinte, la trace, le geste libre remplacent la composition figurative. Il utilise fréquemment le collage, non comme ornement, mais comme un processus de construction plastique, jouant sur les rapports entre surface, épaisseur, et fragmentation. L’espace pictural est souvent décentré, ouvert, sans hiérarchie, et les matériaux employés — papiers récupérés, encres, pigments — renvoient à une volonté d’économie de moyens et de matérialité directe, caractéristiques de l’esprit de Supports/Surfaces.

PEINTURE ET POEMES


À partir des années 1980, André-Pierre Arnal associe fréquemment ses collages à des poèmes manuscrits. Ces œuvres à deux volets mettent en regard une image et un texte, et instaurent une relation parallèle entre le langage et la forme visuelle, entre la brièveté du poème et la densité plastique du collage. 

Cette démarche s’est prolongée dans plusieurs livres d’artiste, publiés en tirages limités : Le Voile et la soif, poèmes de Claude Louis-Combet, encres de André-Pierre Arnal, éditions Voix d’Encre, 1994 ; L’Invisible est le seul rivage, poèmes et encres, éditions Trans-Écriture, 2003  ou encore Encres et terres, poèmes manuscrits et encres, galerie Ombre et Lumière, 2013.

André-Pierre Arnal s'est toujours partagé entre Paris et la Provence. Son œuvre est rigoureusement construite, poursuit une recherche exigeante sur la matérialité de l’image, la simplicité des moyens, et les résonances entre l’espace plastique et l’écriture.

André-Pierre Arnal est mort le [ à Montpellier.

Ses œuvres figurent dans les collections du Fonds national d’art contemporain, du musée d’Art moderne de Paris, du musée Cantini à Marseille, du musée de Nîmes, ainsi que dans plusieurs collections publiques en Allemagne et au Japon.