Jeanne Bardey

(française 1872 - 1954)

Jeanne Bardey est une artiste peintre, graveur, fresquiste, illustrateur et sculpteur française née en 1872.

Jeanne Bratte est d’origine lyonnaise et par sa famille a toujours vécu dans un milieu artistique. Son père Jacques Bratte, négociant en mobilier et ébéniste, lui a appris le sens du beau. Son mariage avec le peintre Louis Bardey, spécialisé dans la restauration des demeures historiques, lui fait rencontrer de nombreux artistes.

Ce n’est qu’après son mariage que Jeanne Bardey se décide à embrasser une carrière artistique. Elle reçoit sa première formation dans l’atelier de son mari, puis vient suivre les cours de François Guiguet, un peintre lyonnais réputé qui encourage son talent et l’incite à aborder la sculpture. Jeanne Bardey se rend dans les hopitaux psychiatriques pour réaliser des études d’aliénés.

Impressionné par ces portraits, Auguste Rodin accepte Jeanne Bardey comme élève et comme modèle. Leurs relations furent entrecoupées de brouilles et de réconciliations, mais jamais l’estime mutuelle qu’ils ressentaient l’un pour l’autre n’en fut ternie.

Jeanne Bardey commence à composer une œuvre dont l’importance et la qualité égale celle de Camille Claudel.

A la mort de son mari, en 1915,Jeanne Bardey s’installe à Paris où Rodin lui confie l’organisation de son musée sis sans le palais Biron. La complicité qui unit les deux artistes est telle que Rodin, en 1916, en fait sa co-héritière avec Rose Beuret. Henriette, la fille de Jeanne, pose à son tour pour Rodin.

Quelque temps avant la mort du sculpteur, Jeanne Bardey est évincée de la préparation du musée Rodin. Pour rendre cette éviction définitive,  l’entourage féminin de Rodin lui fait épouser peu de temps avant sa mort, Rose Beuret dans des circonstances qui conduisirent certains à émettre des doutes sur la lucidité de Rodin.

Jeanne Bardey retourne alors à Lyon et ressère les liens d’amitié qu’elle avait noué dès 1910 avec Edouard Herriot, maire de la ville et homme politique de renom.

Elle expose chaque année avec succès au salon des Indépendants de Paris et au salon d’Automne à Lyon. Ce n’est pourtant qu’en 1921 qu’elle connaîtra le plaisir de voir consacrer à son œuvre une exposition personnelle.

Durant l’entre-deux guerres, elle s'engage politiquement, visite la Chine et l’URSS et commence à enseigner le dessin.

Ses sculptures évoluent, deviennent plus primitives, plus stylisées. Grâce aux influences de l’antiquité grecque et assyrienne, librement réinterprétées,  les œuvres de Jeanne Bardey prennent une profondeur et une originalité unique face aux maniérismes féminins d’un certain Art Déco.

Jeanne Bardey et sa fille  tombent sous le charme de l’Egypte vers la fin des années trente. De nombreux dessins et sculptures reflétent cette passion. Après guerre, les deux femmes firent de nombreux séjours  en Egypte, jusqu’à ce que la santé de Jeanne Bardey se détériore.

Elle meurt à Lyon en 1954

Ses sculptures sont présentes dans les collections du Musée d’Orsay, mais c’est surtout le musée des Beaux-Arts de Lyon qui possède la plus grande partie de ses œuvres, sans toutefois les exposer.

Pour en savoir plus : les articles fouillés et attachants d’ André Vessot qui vient de faire paraître un livre sur Jeanne Bardey en octobre

Illustration : Jeanne Bardey, autoportrait (Musée des Arts décoratifs de Lyon, photo Sylvain Pretto