Emile Marie Beaume

(Français 1888-1967)

Émile Marie Beaume est un artiste peintre, lithographe, graveur et fresquiste français né à Pezennas en 1888.

Une enfance féconde

Emile Marie Beaume passe son enfance dans un bain culturel et artistique entretenu par sa famille, et notamment par son père, le romancier Georges Beaume. Les amis intimes de son père, Alphonse Daudet et Pierre Loti, ainsi que le maréchal Lyautey, ont nourri l’imagination du jeune garçon par leurs livres et leurs exploits. Emile Marie développe ainsi très vite un goût affirmé pour l’Orient et les voyages.

Une formation exigeante

Afin d’assouvir sa passion pour le dessin, Emile Marie Beaume s’inscrit aux Beaux-Arts de Paris, où il étudie dans l’atelier de Cormont, et celui de Déchenauld. Très brillant, il approfondit la construction des scènes épiques et orientalistes auprès de François FLAMENG (1856-1923) et se perfectionne dans l’art du portrait dans l’atelier de Marcel BASCHET (1862-1941).

Cartographe de guerre

La guerre de 1914 éclate alors que, à vingt-six ans, il commence à peine une carrière prometteuse.
Il est  affecté au service cartographique de l’armée et met son talent de dessinateur au service du dessin des plans et des relevés topographiques.

En 1917, l’armée française l’envoie au Maroc et il découvre l’Afrique du Nord.

La fascination de l’Afrique
 

Au Maroc, Beaume commence à peindre des scènes de rue, des portraits d‘habitants.

Revenu en France à la fin du conflit, Emile Beaume continue à peindre dans cette veine, livrant à côté de ses scènes de rue de lumineux paysages du Magreb.

Il met aussi son sens de l’équilibre des volumes et des formes au service de scènes allégoriques.

Le prix de Rome

Emile Beaume se présente au concours du prix de Rome après les hostilités et reçoit le Premier Grand Prix en 1921.

Pendant son séjour à la Villa Medicis, il continue à présenter des œuvres au Salon et, dès son retour en France, reçoit de multiples commandes de décorations murales et de fresques pour des entreprises (casinos, banques,) des particuliers (décors d’hotels particuliers) ou des collectivites territoriales (écoles, mairies).

L’Orient et l’Afrique à travers la fresque

Emile Marie Beaume devient un maître reconnu de la décoration murale et de l’art de la fresque.

Il est nommé professeur aux Gobelins, où il transmet son sens de l’exigence à ses élèves pendant cinq ans. Il continue ses voyages en Afrique du Nord et dans l’Empire colonial français pour se ressourcer car il consacre l’essentiel de son inspiration à des scènes orientales ou africaines.
Emile Beaume est alors un des peintres français les plus connus dans son domaine d’inspiration. Lors l’Exposition coloniale de Paris de 1931, il décore la majeure partie du Pavillon de Madagascar.

En 1937, ses panneaux représentant des scènes d’Afrique du Nord figurent à l'Exposition Internatinale.

Le départ pour l’Afrique

En 1937, Emile Beaume se présente au Prix de l’Afrique équatoriale française. Ce prix avait été créé pour permettre aux jeunes peintres de voyager en Afrique. Beaume, à pres de cinquante ans, n’a pas besoin de ce prix pour sa carrière. C’est la passion du voyage, de la découverte de l’Afrique noire qui le motive.

Il passe une année en Oubangui-Charri, au Tchad et au Congo belge, rapportant des toiles d’une grande puissance.

L’après deuxième guerre mondiale.

Après la guerre de 39-45, Emile Beaume retrouve une clientèle en métropole moins interessée par son œuvre. Il se tourne alors vers des collectionneurs africains, et décore les palais des grandes familles marocaines ou éthiopiennes. Sa technique très maitrisé, la rigueur de ses compositions lui assurent là-bas un grand succès. En 1945, il peint une décoration le Palais du gouverneur de Djibouti. En 1948, à Casablanca, il décore une villa pour le roi du Maroc.

Emile Marie Beaume meurt en 1967.

En 1986, la galerie d’Aragon à Montpellier, lui consacre une exposition retrospective.

On peut admirer les œuvres d’Emile Beaume au Musée de Pezennas, car l’artiste a fait don de son atelier au musée de sa ville natale en 1950.

 

Ouvrages :
Emile Marie Beaume. La fresque. 1937.