Louis Chapuy

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1882 – 1967

Louis Chapuy

Lyon, 1882 – Bron, 1967

Peintre lyonnais de la première moitié du XXᵉ siècle, Louis Chapuy, tout comme Paul-Laurent Courtot, fait partie de ces artistes inspirés par leur ville et attentifs à la transformation de son visage urbain. Né à Lyon en 1882, il y demeure toute sa vie avant de s’éteindre à Bron en 1967.

Ses tableaux, presque toujours consacrés à Lyon, décrivent les quartiers populaires de la Guillotière, de Gerland ou encore de la rue Molière, qu’il peignit en 1929. Ces vues, qui s'étagent des années 1930 à la fin des années cinquante, traduisent une observation méthodique du réel : façades alignées, trottoirs animés, enseignes et silhouettes dispersées sous un ciel clair. À l’opposé d’une recherche pittoresque, Chapuy s’attache à la vie ordinaire des rues et à la mémoire des lieux, celle d’un Lyon encore artisanal et humain, avant les grands remaniements de l’après-guerre.

Sa manière se distingue par une perspective juste, des volumes maîtrisés et une palette sobre où dominent les ocres, les gris et les roses atténués. Chapuy emploie des tons doux et des transitions nuancées, héritées de la tradition réaliste régionale.Tout indique un œil formé à la construction académique, même si son œuvre garde la simplicité et la chaleur d’un regard direct. En cela, Chapuy se distingue des peintres naïfs tels que Louis-Auguste Déchelette, autre artiste lyonnais : là où Déchelette invente des espaces imaginaires et poétise la ville, Chapuy en restitue fidèlement les lignes et la lumière. Réaliste plutôt que naïf, il observe sans idéaliser, avec une rigueur tranquille que l’on pourrait rapprocher de celle d’un Maurice Utrillo à Paris.

Une rare huile sur bois représentant Le Tréport rappelle que son regard sut aussi s’ouvrir, à l’occasion, aux paysages maritimes. Mais c’est Lyon qui demeure le cœur de son inspiration, ville-atelier dont il a laissé un témoignage sensible et précis.

Ecole lyonnaise du vingtième siècle.