André Lauran

(Français 1922 - 2009)

Né à Valence le 5 juin 1922, André Lauran sait dès l’age de 12 ans qu’il sera peintre. Dès qu’il le peut, il s’inscrit à l’école d’art de Valence sous la direction de M. Bernezat, puis en 1941 il part à Lyon pour s’inscrire aux Beaux-Arts.

Rebuté par l’enseignement trop rigoureux qui y est dispensé, il n’y reste que six mois, et commence à exposer avec ses amis Pierre Palué et Jean Vinay au musée de Valence. Mais, grâce à son séjour à Lyon, il tisse des liens d’amitié avec tous les jeunes artistes qui, au lendemain de la guerre, décidèrent, en réaction aux orientations délibérement abstraites de la Seconde Ecole de Paris, de créer un mouvement cherchant à dépasser le conflit destructurant entre l’abstraction et la figuration.

En 1944, André Lauran s’installe à Paris et expose pour la première fois au salon des Surindépendants. Sa rencontre avec André Lhote, dont il apprécie le message pictural, lui apprend paradoxalement à se démarquer de la forme. En 1946, il décroche une bourse de voyage de l’Etat et l’une de ses toiles « Le kiosque de Valence » est achetée par le musée de Valence. Cette même année, il rencontre au Cannet Bonnard, auquel il voue une profonde admiration, et qui va marquer son approche de la couleur.

En 1948, une exposition-évènement dans la chapelle du lycée Ampère de Lyon lance le « Sanzisme », mouvement dit de "la nouvelle figuration" de l’Ecole de Lyon. Ce nom marque la volonté des jeunes peintres trentenaires qui en font partie de se démarquer de tout mouvement artistique comportant un "isme" dans son nom... D’autres artistes comme Cottavoz, Fusaro, Truphémus et Philibert-Charrin sont exposés aux côtés d’André Lauran mais le caractère prépondérant de son action au sein du groupe est largement reconnu.

Lors du vernissage du Salon de la Jeune Peinture, rue du Faubourg-Saint-Honoré, il rencontre sa future femme, le peintre Véronique VERON qu’il va épouser en 1950. Le couple devient bouquiniste sur les quais de Seine et part retrouver les parents de Véronique aux Etats Unis, où André devient « textile designer » de 1951 à 1953.

De retour à Paris en septembre 1953, il continue à peindre tout en étant nommé professeur de dessin dans plusieurs collèges. Paris est sa grande source d’inspiration. Il a peint inlassablement la ville, et dessiné encore davantage, en se renouvelant sans cesse, inspiré notamment par le jardin du Luxembourg, les Tuileries, les Champs Elysées, la Bastille, le Sacré Cœur.

Après quelques expositions avec certains de ses compagnons du « sanzisme », une rétrospective lui est consacrée au château d’Aubenas en 1964. C’est cette année-là qu’André Laurent fait changer l’orthographe de son nom « afin d’éviter les confusions possibles avec ses homonymes artistes peintres », et s’installe à Lagny-sur-Marne où il décède début 2009.

Ce peintre, trop exigeant sur le plan de la création et trop lucide sur le miroir aux alouettes du microcosme parisien, s’est fait volontairement rare. Si dans ses premières œuvres, il est encore marqué par le souci de la représentation, il affirme vite une profonde originalité dans le trautement de ses sujets. Grand coloriste, il aborde chaque tableau en se préoccupant quasi uniquement des nuances et de la couleur. La forme ne vient qu’ensuite, reconstituée presque par hasard par le travail de l’œil du spectateur