Jean-Guillaume Moitte

(français 1764 - 1810)

Jean-Guillaume Moitte est un peintre, dessinateur, ornemaniste, illustrateur, graveur et sculpteur français né en 1746.

Son père, Pierre-Etienne Moitte, peintre également, avait vu ses qualités professionnelles reconnues par l’obtention du titre de graveur du Roi.
Jean-Guillaume Moitte est d’abord formé dans l’atelier de son père. Ayant décidé de se consacrer à la sculpture, il fait ensuite ses classes auprès de Pigalle puis de Jean-Baptiste II Lemoyne.

En 1768, sa sculpture représentant David portant la tête de Goliath en triomphe lui vaut d’obtenir le premier Prix de Rome en sculpture.
Lors de son séjour à la Villa Médicis, Moitte découvre l’antiquité romaine et copie de nombreux éléments ornementaux, ainsi que tous les bas-reliefs de la colonne Trajane. Malheureusement, Moitte doit écourter son séjour à Rome pour des raisons de santé, mais la documentation réunie pendant ce séjour lui fournira une source inépuisable d’inspiration.

De retour à Paris, Jean-Guillaume Moitte commence à peindre et à sculpter selon le style baroque alors encore en vogue. Il travaille entre autres pour l’orfèvre du roi Henri d’Auguste, auquel il livre de nombreux projets de pièces d’argenterie. Mais bientôt il trouve son véritable style. Influencé par les œuvres qu’il avait admirés à Rome, Moitte devient l’un des premiers artistes à promouvoir le courant néo-classique, pointe de la dernière mode.

En 1782, il est engagé à ce titre par l’architecte Pierre Rousseau pour réaliser, avec le sculpteur Philippe-Laurent Roland la totalité des sculptures et éléments ornementaux de l’Hôtel de Salm, futur hôtel de la Légion d’Honneur à Paris
En 1785, il réalise des illustrations néo-classiques pour la réédition des Avantures de Télémaque de Fénelon. Les souscripteurs pouvaient choisir de remplacer les illustrations baroques de Charles de Monnet par celles plus modernes de Moitte, selon leur goût.

En 1789, Moitte, qui avait toujours été très proche de la philosophie des Lumières, adopte les idées de la révolution française et met son art au service des réalisations du nouveau régime. Sa femme, Adélaïde-Marie-Anne Moitte, également dessinatrice, partage les mêmes convictions révolutionnaires. En 1790, Moitte reçoit la commande d’une statue de Jean-Jacques Rousseau qui est érigée sur la terrasse des Tuileries (aujourd’hui au musée Carnavalet).

Après la terreur, le néo-classicisme épuré de Jean-Guillaume Moitte reste en faveur. L’artiste exécute des sculptures monumentales, notamment une statue équestre représentant le général Bonaparte.
Bonaparte lui confie l’élaboration du monument funéraire dédié à Desaix, édifié au col du Grand Saint-Bernard, sur les lieux de la mort du général.

Sous le Consulat puis sous l’Empire, Moitte continue à connaître le succès, comme en témoigne la commande de bas-reliefs pour la Cour carrée du Louvre.

L’École des beaux-arts de Paris le nomme professeur de sculpture le 20 décembre 1809,
Il meurt en 1810.

Au retour des Bourbons, son œuvre magistrale, la Patrie récompensant les vertus civiques et héroïques, qui lui avait été commandée par la Convention pour orner le Panthéon, fut martelée.

Ses œuvres figurent dans les collections publiques du musée du Louvre (département des sculptures, département des Arts graphiques), du musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon, du musée national Magnin à Dijon et du musée des beaux-arts d’Angers.

 

 

copyright: Catherine Duhamel pour Les Atamanes