Henri-Pierre Picou

(1895 1824)

Henry-Georges Picou (1824-1895) est un artiste peintre français, qui s’est principalement exprimé au travers de la peinture d’histoire, du portrait et des scènes de genre.

Henry-Pierre Picou est originaire de Nantes, où son père et son grand-père furent des artistes réputés. Il se destine très vite au métier de peintre et ses parents le font entrer à douze ans, dans l’atelier du peintre Paul Delaroche. Il suit ensuite l’enseignement de Charles Gleyre, à l’Ecole Royale des Beaux-Arts de Paris. 

A Paris, il se lie avec de jeunes peintres de son âge et partage avec eux un phalanstère d’artistes rue de Fleurus. On peut citer parmi ces amis jean-Léon Gérôme, Gustave Boulanger et Jean-Louis Hamon. Ils se passionnent pour le renouveau de la peinture d’histoire au travers des découvertes récentes sur l’antiquité grecque et romaine.

En 1847, alors que Picou a 23 ans, le groupe commence à exposer au Salon. Une toile de Gérôme , le Combat de coqs, les fait remarquer. Le nouveau mouvement est baptisé Néo-Grec et Gérôme intronisé chef de file. Le courant devient très vite à la mode et influence les arts décoratifs, et l’architecture.

Les critiques d’art condamnent au nom du réalisme ces peintres dont ils dénoncent le raffinement esthétique et le manque d’engagement politique. Mais les poètes, Leconte de Lisle et surtout Théophile Gautier, s’enthousiasment. Les poèmes de Gauthier, notamment le O sommeil, Hymne antique paru en 1843, se retrouvent évoqués en effet dans la peinture de Picou et de Gérôme.
Picou remporte le second prix de Rome en 1853 pour un tableau religieux, Jésus chassant les marchands du Temple.

En 1857, les artistes néo-grecs ne sont plus en vogue et le groupe se disloque.

Picou entreprend une carrière réussie de portraitiste et de peintre de genre, et livre à chaque Salon des œuvres inspirées par la vie sous le Second Empire, ou par des thèmes historiques avec une composition solide, et une inspiration très raffinée, où l’intime, le quotidien comme l'épique sont représentés avec une émotion poétique toujours prenante.

Sa peinture religieuse, quoique de facture plus classique, montre une recherche post-romantique de l’intensité des sentiments représentés.

Picou continue cependant à travailler sur les représentations de l’Antiquité jusqu’à la fin de sa vie.

L’œuvre de Picou est empreinte d’une humanité émouvante. Dessinateur génial, formé à toutes les techniques picturales jusqu’à atteindre l’excellence, il met sa sensibilité et sa culture humaniste au service de son art . Chacune des ses compositions démontrent que pour cet homme formé à la philosophie classique et amoureux de la poésie de son époque, la peinture est un moyen d’exprimer des valeurs et un art de vivre combinant exigence intellectuelle et  exaltation des sens.

Picou fait preuve d'une conception élitiste de l’Art. C'est un artiste exalté pour qui la création donne la possibilité de se démarquer du médiocre, il considère le "Genie" comme un but vers lequel il faut tendre. 

Quelques unes de ses oeuvres figurent au musée d'Orsay. Le musée des Beaux-Arts de Nantes possède aussi un important fonds Picou, et lui a consacré en 2014 une exposition ( La Lyre d’Ivoire) en association avec le musée Ingres de Montauban.

 

Membres du groupe des Néo-Grecs :
Henry-Pierre Picou, Jean-Léon Gérôme, Gustave Boulanger, Dominique Papety, Léopold
Burthe, Auguste Toulmouche, Jean- Louis Hamon.

Sources :
La lyre d’Ivoire. Catalogue d’expositions. 2014. Le Passage

Commentaire officiel sur La naissance de Pindare au Musée d’Orsay.