Lily Steiner

(empire austro-hongrois, 1884 - 1961)
Lilly Steiner autoportait 1937

Lily Steiner, de son nom de jeune fille Lily (ou Lilly) Hoffman, est une artiste peintre, lithographe, graveur, illustratrice autrichienne née à Vienne en 1884.

Formation

Elle est originaire d'une famille juive, et se destine très vite à la peinture. Elle reçoit une solide instruction artistique.

Son premier professeur est Ludwig Michalek, qui lui transmet de solides bases en dessin et l'initie à la gravure et la lithographie.

Mais ce qui marque le plus sa sensibilité artistique furent les cours de l'Ecole d'Art Appliqué pour Femmes et Jeune filles de Vienne, un des plus actifs foyers du modernisme et de la Secession à Vienne. 

 

Les années viennoises

En 1904, elle épouse l'industriel Hugo Steiner. Tous les deux, ils suivent avec passion les développement de l'avant-garde artistique. Lily Steiner et Hugo font construire dans la banlieue de Vienne une maison à l'architecture moderniste . Conçue par Adolf Loos en 1910, cette demeure constitue un manifeste incontournable de la modernité en architecture. Lilly Steiner est une figure feminine marquante de l'avant-garde à Vienne et un des rare peintre femmes à exposer à l'association Hagenbund ( il faut noter que ni la Secession ni Hagenbund n'acceptaient de membres féminins). Elle y rencontre Egon Schiele qui fera quatre portraits d'elle.

Lily Steiner, à Vienne, occupe une position sociale en vue, ce qui ne l'empêche pas de peindre avec acharnement. Cependant, elle tarde à recevoir une reconnaissance en tant qu'artiste, victime, comme beaucoup de ses consoeurs, de l'atmoshère misogyne qui règne dans le milieu artistique viennois. Elle est membre du Club de la Gravure des artistes féminines de Vienne (Radierklub der Wiener Künstlerinnen) , un groupe de onze artistes féminines de la première promotion de son Ecole d'Art Appliqué. Mais Lily n'expose personnellement pour la première fois qu'en 1917.

Installation à Paris

Après l'effondrement de l'Empire austro-hongrois, le couple Steiner part s'installer à Paris en 1927. Tandis qu'Hugo Steiner s'occuppe de la filiale parisenne de la maison de mode et de parfum Knize; Lily Steiner travaille au sein de l'ambiance effervescente de l'Ecole de Paris. Elle fréquente Man Ray, dont elle peint le portrait en 1928. Elle expose au Salon des Indépendants. Elle bâtit une oeuvre  très solide, avec des sujets  influencés par la condition féminine. Elle porte une attention particulière à la maternité et à l'enfance. Elle montre ses aquarelles en 1931 à la galerie Druet et, en 1932, la revue d'Art international Formes lui consacre un article louangeur.

En 1938, elle particpe à une exposition collective organisée par la galerie Santee-Landweer, aux côtés de André Derain, raoul Dufy et Edouard Pignon.

Pendant la guerre, Lilly Steiner se cache, tout d'abord en zone libre puis, après novembre 1942, elle revient sur Paris où elle réussit à ne pas attirer l'attention sur elle.

Très mélomane, Lily Steiner livre aussi des portraits des grands musiciens de son époque, comme ceux d'Alban Berg ou de Toscanini. Elle produit aussi des lithographies pour illustrer le Gurrelieder de Arnold Schönberg. Elle participe au renouveau des tapisseries d'Aubusson en concevant des cartons aux coloris pleins de gaité qui furent exécutés par la Manufacture. Parmi les livres illustrés par Lilly Steiner, on peut citer Seize attitudes de Toscanini de Henry Pruniéres; éditeur Paul de Montaignac, Paris, 1945.

En 1950, la Galerie de Berri, à Paris, consacre à Lilly Steiner une exposition sur le thème "Fleurs et enfants."

Lilly Steiner décède à Paris en 1961

On trouve ses oeuvres dans les collections des musées nationaux (Centre Pompidou: Jeune fille au bouquet, toile de 1933 achetée par l'Etat français en 1935) et des musées de province ( musée de Grenoble "Portrait de Fernande Olivier").

Illustration: Autoportrait peint en 1937©Widder Fine Arts