Charles Tranchand

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1884–1955

Charles Tranchand est un artiste peintre, illustrateur, décorateur, lithographe et graveur angevin né en 1884. 

Origine et formation


Charles Tranchand naît le 9 août 1884 à Angers, fils d’un plâtrier de la rue Saint-Samson
Il étudie l'architecture à l’École des Beaux-Arts d’Angers de 1900 à 1904, où il obtient en octobre 1901 le premier prix d’architecture et le premier prix de dessin
Grâce à une bourse du département, il poursuit ses études à Paris, dans l’atelier de Fernand Cormon à l’École nationale des Beaux-Arts, où il découvre les œuvres des impressionnistes, de Van Gogh et de Gauguin
 

Débuts artistiques


De retour à Angers, il se lie d’amitié avec plusieurs figures du milieu artistique angevin, dont Berjole, Gobô (Louis-Georges Gobo), Louis-Charles Morin, Adrien Recouvreur et Willy Landelle
En 1907, il gagne un prix de la Société des Amis des Arts d’Angers pour la réalisation d’une carte de visite des conseillers municipaux.
Dès 1912, il expose chez le galeriste Lasneret des eaux-fortes sur le vieux Angers, amorçant une carrière d’expositions quasi annuelles.
Il participe également au Salon des Artistes français à Paris entre 1912 et 1914
 

Années de guerre


Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale dans le 6ᵉ Génie, groupe projecteurs n° 68, Tranchand est chargé de l’éclairage des opérations militaires. Sa correspondance avec Recouvreur, conservée au Musée des Beaux-Arts, révèle un artiste sensible à la poésie des ruines, qu’il croque en vue d’« eaux-fortes puissantes et savoureuses ». Il se fait également ciseleur en réalisant des bagues en aluminium, matériau de récupération de fusées d’obus.

Carrière en Anjou


Après la guerre, et n’ayant pu devenir professeur à l’école des Beaux-Arts ni conservateur du musée, il se consacre aux gravures exposées chez Lasneret. Il réalise des décors pour le cinéma Familia (actuelle galerie Le Palace), une douzaine de panneaux monumentaux (4,20 × 3 m) représentant les sites angevins
En 1923, il intègre la Guilde des artistes angevins autour d’André Bruel 
Il devient l’un des artistes de l’agence de publicité Hirvyl, collabore avec le Syndicat d’initiative et illustre de nombreux ouvrages d’écrivains angevins, notamment : Paysages et pays d’Anjou de René Bazin (1926), Vieilles rues, vieux logis, la Cité de Mathilde Alanic (1931), Angers. Promenade autour d’une cathédrale de Marc Leclerc (1944), Angers après la tourmente du chanoine Civrays (1945) 

Style et inspiration

Charles Tranchand explore un large éventail de médiums — pastel, gouache, huile, crayon, gravure — mais c’est la gravure qui le passionne, avec un tracé nerveux, précis et puissant. Que ce soit pour de grandes compositions — les panneaux pour le cinéma ou les illustrations de livres — ou pour des croquis intimes, ses créations se distinguent par une structure robuste de la composition, un juste équilibre entre précision et atmosphère.

Formé à Paris, Charles Tranchand demeure profondément ancré dans son territoire. Tranchand excelle à fixer les détails du vieux Angers, ses rues, monuments et façades fragilisées. Il incarne, avec son fils Georges, « la mémoire des rues d’Angers », restituant monuments et pignons décrépis avec vérité.

En 1944, il est nommé professeur de peinture à l’école des Beaux-Arts d’Angers, où il inaugure en 1953 le premier cours de gravure.
Il décède en 1955.

Ses œuvres sont présentes dans les collections du Musée des Beaux-Arts d'Angers.