Edgar Chahine

(Arménie ottomane.France 1874 - 1947)
Edgar Chahine achat tableau gravure

« Edgar Chahine (…) ce regard auquel rien n'échappe et cette main qui peut tout. » Camille Mauclair, critique d'art.

Edgar Chahine est un peintre, graveur et illustrateur né en en 1874 à Vienne. 

Les jeunes années

Il appartient à une famille arménienne riche et cultivée, bien intégrée dans l’Empire Ottoman tout en restant fidèle à sa culture arménienne et chrétienne. Il passe son enfance à Constantinople, où son père est l’un des directeurs de la Banque Ottomane.

Il manifeste très tôt le désir d’embrasser une carrière artistique et débute une première formation dans l’atelier du peintre arménien Milkon Tiratzuyan. A dix-sept-ans, sur les conseils de son professeur, il part compléter ses études à l’académie des Beaux-Arts de Venise, tant en peinture ( atelier de Antonio Paoletti) qu’en sculpture ( atelier de Antonio Del Zotto).

A vingt-et-un ans, sa formation terminée, il décide de commencer sa carrière de peintre à Paris. Le premier tableau qu’il présente est tout de suite reçu au Salon, et il y expose régulièrement des œuvres représentant des déshérités, des mendiants et des gueux.

Le graveur inspiré

Mais c’est par la gravure que Chahine devait connaître le succès. Fasciné par les multiples possibilités de l’eau-forte, où il peut exprimer à la fois son talent de peintre et de sculpteur, il suit les cours d’Eugène Delatre et expose à la Galerie de la Bodinière, où il rencontre un succès critique important.

L’éditeur Edmond Sagot commence alors à diffuser son œuvre et la qualité de son œuvre est célébrée par une Médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900. Edgar Chahine expose à Venise ( médaille d’or à la biennale de 1903) et délaisse peu à peu la peinture à l’huile pour se consacrer à son œuvre gravé, au pastel ainsi qu’à l’illustration de livres.

Edgar Chahine illustre notamment Anatole France, qui le soutient dans son action en faveur de l’indépendance arménienne. Il consacre une part importante de son œuvre à Venise, ville où il revient toujours dans les temps de malheur ( mort de sa fiancée en 1906) et de bonheur ( voyage de noces en 1921). Ses sujets de prédilection s’orientent autour de la ville, dont il décrit les habitants, aussi bien les petites gens que les grandes coquettes, les élégantes et la fête foraine.

Un artiste arménien

En 1926, un incendie détruit son atelier, anéantissant une grande partie de son œuvre peinte.

Edgar Chahine est toujours resté proche de ses origines arméniennes. Il milite avant la guerre de 1914-1918 en faveur de l'autonomie arménienne, puis, après la chute de l'Empire Ottoman,noue des liens avec l'Arménie soviétique. Il devient  en 1928 membre honoraire de l'Union des Artistes de la République Socialiste d'Arménie.En 1936, une exposition rétrospective de son oeuvre est organisée à Erevan.

Malgré un  dernier coup du sort, une inondation en 1942 qui vient à nouveau détruire une partie de son travail, Edgar Chahine laisse une œuvre importante bien documentée, comptant près de 450 gravures et 430 illustrations, sans compter environ 300 peintures, pastels et dessins.

Il meurt à Paris en 1947.