Yves Corbassière

(Français 1925)

Yves Corbassière est un artiste peintre, graveur, affichiste, décorateur, sculpteur et lithographe français né en 1925.

Enfant terrible de l'abstraction gestuelle en France, Yves Corbassière mène une carrière irrespectueuse des conventions du milieu de l'art parisien, et réussit malgré vents et marées à s'imposer. Sa vie est marquée par le contraste entre une oeuvre structurée, une peinture intense et réfléchie et les éclats d'une vie mondaine tourbillonnante .

Une enfance entre convention et rebellion

Originaire d'une famille d'industriels spécialisés dans la céramique (Novoceram), Yves Corbassière reçoit une éducation traditionnelle, cours privé, leçons de piano, etc. Auprès d'un père qui joue du violoncelle classique comme respiration face à l'entreprise familiale, Corbassière apprend la structure et l'interiorité. Mais aussi , il prends des leçons de vie auprès d'un oncle peu conformiste qui l'initie au jazz et lui donne le goût de la fête. Yves Corbassière comprend à ces contacts toute la saveur de l'initiative personnelle, de l'énergie créatrice et de la necessité de suivre sa propre voie .

Peintre oui, mais autodidacte

Pendant la guerre, Yves Corbassière travaille comme dessinateur dans un cabinet d'architecte, l'entreprise familiale ayant fermé ses portes par patriotisme. La mort d'un vieil ami peintre le décide à "entrer en peinture" mais le jeune homme s'oppose à toute idée de formation et veux apprendre son métier sur le tas. Il participe aux concours d'affiches lancés par le gouvernement de Vichy et remporte de nombreuses commandes, dont l'affiche  des Visiteurs du Soir de Marcel Carné.

Publiciste et existentialiste

Après la guerre, Yves Corbassière mène une existence déjantée à Saint-Germain des prés, où sa voiture peinte en damiers jaunes et noirs devient légendaire. Au Tabou, il joue du piano avec Vian à la trompette, mais travaille le jour comme publiciste pour Bleustein-Blanchet. Ses expérience de décorateur de théâtre et de boites de nuit lui apprennent la liberté du geste et Corbassière s'engage peu à peu dans l'abstraction

Pionnier du Nouveau Réalisme.

Corbassière commence à élaborer ce qui fait l'essence son style : une abstraction qui donne l'impression de sortir de la toile et qui excite l'imagination du spectateur regardeur, l'entrainant entre explosions colorée et visions de l'espace cosmique . Il peint à Saint-Tropez grâce à un collectionneur qui lui achète sa production, attire l'attention d'André Malraux, réussit une première exposition personnelle impressionnante et signe, comme son site le mentionne, la manifeste du Nouveau réalisme avec Yves Klein. Alors que le succès sonne à sa porte, il part aux USA.

Tourbillons américains et mondains

Aux Etats-Unis, Corbassière vit dans un tourbillon: il enseigne à l'UCLA, rencontre Marcel Duchamp, fait sept expositions personnelles coup sur coup, expérimente de nouveaux matériaux, conçoit de multiples happenings. Ses oeuvres d'alors sont dans la mouvance du nouveau Réalisme, mais les toiles qu'il expose sont celles de sa période d'Abstraction lyrique.
Il revient en France en 1966, où il continue sa vie de peintre à succès. Toujours engagé dans les mondanités, il se fait de plus en plus happer par sa notoriété, au point de porter détriment à sa peinture. Il ressent la nécessité de se recentrer sur son oeuvre

Le retour au calme

Yves Corbassière, à partir des années 80, se concentre sur ses tableaux, et son inspiration se consacre presque principalement à élaborer les visions de l'espace qui hantent l'imaginaire de l'artiste. Une de ses toiles, Charlie dans l'infini, est choisie par la Nasa pour être envoyée dans l'espace.

Depuis 2000, il est revenu au figuratif et à la représentation de la figure humaine.

 

Pour en savoir plus : le site internet d'Yves Corbassière