Henry de Waroquier

(Français 1881 - 1970)

Peintre, sculpteur, architecte/décorateur, graveur, illustrateur, photographe français (1881-1970).

Henry de Waroquier est issu d’une famille aristocratique, qui compte dans ses rangs de nombreux peintres, inventeurs et artistes. Doté d’un esprit inventif, curieux de toutes les aventures et de toutes les techniques, Waroquier a toujours été soucieux d’éviter les sentiers battus et d’expérimenter  toutes les directions qui pouvaient s’offrir à lui.

D’une grande indépendance d’esprit, il a tout jeune la certitude qu’il lui faut se préserver des idées reçues. Il se dote d’une solide formation artistique à rebours des conventions de son époque, dédaignant l’Ecole des Beaux-Arts pour préferer les Arts Decoratifs, plus ouverts à la nouveauté. Il forme son goût auprès des galeries Vollard et Durand Ruel, complétant la contemplation des oeuvres de Matisse et Picasso en fréquentant  l’exubérance du magasin de décoration japonisant de Bingg. Dès 17 ans, il s’installe dans un atelier à Montparnasse, peint aux côtés de Modigliani et commence à forger son style personnel. A 24 ans, il devient professeur de composition décorative à l’Ecole Estienne, et compléte son appréhension du réel par des voyages systématiques sur le pourtour de la Méditerranée, à la recherche d’impressions visuelles comme de contact avec les traces des civilisations ancestrales. Il connait un succès rapide grâce à ses compositions et à ses paysages de Venise, d’une facture rigoureuse mais d’un abord agréable et rassurant. A coté de cette activité apaisante tant pout l’artiste que pour sa clientèle, Waroquier s’engage sur des chemins artistiques plus tragiques, où il utilise la silhouette et  le visage humain  pour exprimer l’angoisse, l’horreur et l’anxiété. Yeux vides, corps torturés, palette brutale et violente constituent une antithèse perturbante à la douceur liquide de ses aquarelles vénitiennes, et trouvent leur acmée dans sa composition La Tragédie sur les murs du Palais de Chaillot(1937), et son œuvre majeure sur la guerre d’Espagne(Espagne, 1938), qui soutient aisément la comparaison avec le Guernica de Picasso . En 1937,  ses œuvres occupent une salle entière dans l’exposition du Petit-Palais Les Maîtres de l’Art indépendant 1895-1937.

Pour Paul Claudel qui l’appelle "Le Voyant", Waroquier "est un homme qui a pris le monde au tragique".

Toujours à la recherche de nouveaux moyens d’expressions, il est le premier artiste français à allier sculpture et photographie dans une réflexion sur le rapport entre la création et l’éphémère. Au cours des Années Trente, il livre des sculptures périssables, en papier, légumes ou pâte à modeler, les photographie , les détruit et recommence,  donnant ainsi une œuvre mouvante, à cheval sur plusieurs mediums, qu’il gardera longtemps secrète. Il  continue sa réflexion sur le visage humain et utilise le livre d’artiste comme outil de création: Visages, quinze eaux-fortes originales soutenues par un texte inspiré de Georges Duhamel, et surtout son hallucinante interprétation de l’Apocalypse de Saint-Jean.

Paradoxalement, Henry de Waroquier expérimente réussite et renommée sans jamais  se sentir reconnu comme artiste à son aune réelle. Cette dualité fait que cet artiste reste encore à découvrir pour tout l’aspect tourmenté et inquiet de son œuvre.

Ses oeuvres font partie des collections des musées suivants:

- Musée national d’art moderne

- Musées de Boulogne-Billancourt, de Mont-de-Marsan et d’Angers.