Gudmundur Erro

(islandais 1932)
Erro. Centre Pompidou Cinquante ans de collage.

Gudmundur Erro est un artiste plasticien islandais né en 1932.

De notoriété internationale, il est un des chefs de file historique de la figuration narrative 

Formation traditionnelle

Gudmundur Erro commence par faire les Beaux-Arts à Reykjavik, puis il part compléter sa formation à Oslo, où il fréquente la Kunstakademiet nationale norvégienne. Convaincu de l'importance d'élargir son expérience, il voyage en Allemagne puis gagne l'Italie, où il commence par étudier à Florence, puis à l'Ecole de Mosaïque de Ravenne. Il ne restait plus que Paris pour compléter ce curus international: Erro s'y rend en 1958.

Le surréalisme des premiers pas 

Paris impose sa marque sur la première période de création de Erro . C'est avec les Surréalistes qu'il commence à véritablement se faire connaître. Sa rencontre avec Breton est sans doute marquante, mais le contact avec des créateurs comme Man Ray , Matta ou Hans Bellmer fut tout aussi déterminant. Gudmundur Erro crée sur de nombreux plans en utilisant l'esprit surréaliste. Il est poète avec Mecanismo, mécamanifeste, 100 poèmes mécaniques,publié en 1962. Il est décorateur de cinéma avec Concerto mécanique pour la folie ou la folle mécamorphose, film expérimental surréaliste que tourne Eric Duvivier. Il conçoit aussi un manuel de mécanique (Mécascience pour le mécacours moyen) et tournera un film comme réalisateur (Grimaces). 

Le voyage aux USA : une prise de conscience

Un voyage aux USA en 1963-1964 va changer complètement l'inspiration d'Erro. La découverte du pop'art agit comme un electrochoc. Erro collectionne les images depuis 1958, il pratique les collages et accumulations d'image depuis la même année. Mais c'est l'excès d'images qu'il rencontre aux USA, qui le marque. Erro adopte cet art de l'appropriation qui le caractérise : il sélectionne des images de comics, d'hommes politiques, de magazines divers de toutes langues et de toutes cultures et les assemble pour composer un tableau . Il peint ensuite sur toile ou lithographie cet agglomerat d'images empruntées et réemployées selon la logique créative qui lui est personnelle. Logique créative critique de la société, de la politique et des errements du monde contemporain.

Les Femmes fatales

Erro travaille par thèmes, qu'il décline selon les techniques qui lui sont chèrs, de l'immense acrylique sur toile jusqu'à la fresque en carreau de céramique, des peintures lisses et brillantes (glycerophtalique) à la lithographie souvent publiée en recueils. King Kong, les dictateurs, la société de consommation de massesont le thèmes de ses séries, On peut citer aussi Made in Japan ou Chinese paintings.

Ses femmes fatales constituent un moment particulier de l'oeuvre de Erro. Débutée en 1993, c'est une série d'oeuvres où les accumulations d'images sont dominées par une super-héroïne tirée de comics souvent nord-américains. Elles ont fait grand bruit, posant le problème de la récupération artistique d'images commerciales, et de la recupération d'oeuvres constituées elle-même par des récupérations. En 1997, la série de peinture est présentée à Paris à la galerie Montenay-Giroux, à Paris. Et le Musée d'art contemporain de Sérignan commande à Erro une fresque composée de vingt femmes fatales en carreaux de céramique.

Erro est défendu notamment en France par la Galerie Perrotin

Pour en savoir plus:

Erro, catalogue de l'exposition 2016 à la Galerie Perrotin
Erró, l’exorciste, au musée d’Art contemporain de Lyon. Frank Claustrat. 2014

 

Photographie tirée de la video réalisée à l'occasion de l'exposition au Centre Pompidou. Erro 5O ans de collages ©Centre Pompidou