Paul Hogg

suisse
|
1892-1985

Origines et formation

Paul Hercule Hogg naît le 11 septembre 1892 à Herisau, en Suisse, dans une famille d’origine fribourgeoise. Il est le fils d’Auguste Hogg et de Marie-Aloysia-Christine Ruegg. Il grandit sur les bords de la Sarine, dans un environnement auquel il restera attaché toute sa vie, malgré un parcours largement déployé entre Paris et le bassin méditerranéen.

Il suit d’abord les cours du Technicum cantonal, où il a pour condisciple Raymond Buchs.  En 1910, il rejoint Paris en compagnie du peintre Anton Schmid, avec l’ambition de poursuivre une formation artistique plus ouverte et plus exigeante.

Paris, les années d’apprentissage

À Paris, Paul Hogg entre d’abord à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, puis poursuit sa formation à l’École des Beaux-Arts dans l’atelier de Fernand Cormon. Il évolue alors dans un milieu artistique de premier plan, au sein d’une génération qui compte aussi Chaïm Soutine.

Ces années parisiennes jouent un rôle fondateur. Hogg y acquiert une solide discipline de dessin, une attention soutenue à la composition et une culture picturale nourrie par des débats esthétiques exacerbés. Son œuvre porte durablement la trace de cette formation : une sensibilité à la structure, au rythme des formes et à la présence construite du motif.

Les salons et la reconnaissance

La reconnaissance institutionnelle arrive dans l’entre-deux-guerres. En 1924, Paul Hogg devient sociétaire du Salon d’Automne. Il expose également de manière régulière au Salon des Tuileries et au Salon des Indépendants.

Cette visibilité accompagne l’affirmation d’un langage personnel, dont il fait montre dans ses portraits, ses paysages et ses natures mortes. Hogg  pratique  la peinture de chevalet, attentive aux formats resserrés, à la présence des êtres et des choses, ainsi qu’à la qualité de la lumière.

Voyages en Méditerranée et en Afrique du Nord

 Paul Hogg nourrit son inspiration à travers de nombreux voyages. Il effectue plusieurs séjours à Tunis, ainsi qu’en Algérie et en Libye. La lumière du Sud, les tonalités chaudes, les scènes de vie, les silhouettes et les paysages méditerranéens enrichissent sa palette et son répertoire de formes.

En 1926, il épouse Berthe Affagard, artiste dramatique connue sous le nom de scène Simone Fargette. Parisienne d’origine, elle se produit notamment au théâtre de la Porte Saint-Martin et dans plusieurs capitales européennes. 

La décennie suivante confirme encore son rayonnement. En 1937, il reçoit le grade de chevalier de l’ordre du Ouissam alaouite pour le travail accompli au Maroc. Cette distinction atteste la place prise par son œuvre, qui dépasse alors le seul cadre suisse ou parisien.

Le moment cubiste

Dans l'immédiate après-première guerre mondiale, Paul Hogg se passionne pour l'avant-garde cubiste. Dans le sillage d’André Lhote, Paul Hogg explore ce langage synthétique, fondé sur l’ordonnancement des volumes, la netteté des lignes et une construction architecturée de la silhouette. Même s'il rejoint ensuite une inspiration figurative plus fidèle à ses premières années, cette phase de son œuvre témoigne d'une joie de peindre et d'expérimenter, dans l'ambiance trépidante des Années folles, qui contraste avec le reste de son travail .

Les aquarelles cubistes comme Le Faune et La Driade  témoignent de l'attention portée par Hogg au dialogue entre mouvement et géométrie, et la transposition moderne de thèmes poétiques ou mythologiques. 

Sanary-sur-Mer et les années de maturité

À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, Paul Hogg quitte Paris pour s’installer en Provence, à Sanary-sur-Mer. Dans ce nouveau cadre, il fréquente plusieurs artistes, parmi lesquels Eugène Baboulène, Yves Brayer et Léonard Foujita ; il côtoie également Ossip Zadkine.

Cette installation provençale accompagne une maturité picturale profondément liée au Midi. Hogg y développe un univers où dominent des paysages lumineux, et des natures mortes aux accords chromatiques chaleureux. Ses contemporains sont frappés parla tonalité poétique et pacifiée de son œuvre  dans un siècle traversé par les conflits. Certaines œuvres, comme Face à la catastrophe ou Souvenir des bombardements, rappellent que son oeuvre s’inscrit dans une histoire tourmentée, même si elle laisse une place centrale à la lumière, à la présence humaine et au paysage.

Une œuvre entre Gruyère et Méditerranée

Tout au long de sa vie, Paul Hogg conserve un lien fort avec le canton de Fribourg. Il y revient régulièrement, notamment durant l’été, et continue d’y exposer. Il présente ses œuvres avec la section locale de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses, au Salon permanent du Capitole, ainsi qu’au Musée d’art et d’histoire de Fribourg, qui lui ouvre ses cimaises à deux reprises pour des expositions personnelles.

Son attachement à la Gruyère demeure constant, tandis que la Méditerranée nourrit l’autre grand versant de son inspiration un art . En 1972, le Musée d’art et d’histoire de Fribourg lui rend hommage avec Salon 72. 

Paul Hogg meurt le 18 novembre 1985 à Sanary-sur-Mer, laissant une œuvre ample, constitué de paysages, de portraits rythmés par ses voyages, oscillant entre monde fribourgeois et lumière méridionale, avec un épisode cubiste dont la rareté renforce l’intérêt.

Les oeuvres de l'artiste
sur le site

Aquarelle sur papier vergé
250 €
Aquarelle sur papier vergé
290 €