David Lan-Bar
David Lan-Bar est un artiste austro-hongrois puis israélien de la Seconde École de Paris.
Les premières années
David Langberg est né en 1911 ou 1912 à Rava-Rouska, dans la province de Galicie orientale de l’Empire austro-hongrois (aujourd’hui en Ukraine). Son œuvre porte la mémoire des déplacements, des ruptures et des recommencements qui fut le lot des populations d'Europe centrale au XXe siècle. Issu d’une famille juive, il grandit dans une région marquée par l’instabilité politique et les tensions antisémites croissantes. En 1934, il quitte l’Europe centrale pour Jérusalem.
La Palestine
Dans la Palestine mandataire, il trouve une scène artistique déjà ouverte à des recherches abstraites, notamment portées par les futurs fondateurs de l'abstraction israélienne. Lan-Bar, est marqué par cette évolution, s’oriente vers l'abstraction après une première exposition figurative. Il étudie à l’Université hébraïque de Jérusalem, notamment auprès de Miron Sima. Il s’installe ensuite à Tel-Aviv, où il participe à l'effervescence culturelle qui y règne, portée par des artistes comme Avigdor Stematsky ou Yehezkel Streichman. Lan-Bar, commence à élaborer un langage personnel, de plus en plus tourné vers la méditation .
Il expose pour la première fois en solo à Tel-Aviv en 1946.
Choisir Paris
En 1948, l’année même de la proclamation de l’État d’Israël, il choisit de s’installer à Paris. Son arrivée dans la capitale française inaugure une nouvelle phase de sa vie artistique, marquée par un ancrage créatif sur la rive gauche et par un engagement dans la toute naissante abstraction lyrique.
Sa première exposition personnelle à Paris a lieu en 1951 à la Galerie Breteau, trois ans après son arrivée en France. Ce délai remarquablement court témoigne d’une reconnaissance rapide, au sein d’un milieu exigeant. Cette première exposition le place d’emblée Lan-bar dans un courant d’abstraction nourri d’exil et de spiritualité.
Rayonnement
En 1955, Lan-Bar expose au Centre culturel de l’U.I.R.E., puis à la Biennale de Menton. En 1957, il participe à l’exposition collective Confrontations à la Galerie Norval, rive droite, signe d’un élargissement de son cercle de collectionneurs. Il prend part ensuite, entre 1959 et 1963, à plusieurs éditions du Salon des Réalités Nouvelles, haut lieu de l’abstraction non géométrique. Il expose également au Salon des Indépendants, à Comparaisons, et aux Grands et Jeunes Peintres d’Aujourd’hui.
En 1961, son œuvre est sélectionnée pour la Biennale de São Paulo, ce qui témoigne d’un rayonnement international bien établi. Il expose en 1978 à la Galerie Katia Granoff, autre lieu emblématique de la rive droite parisienne. Une de ses œuvres figure en couverture du catalogue du Salon des Indépendants en 1987.
Une rétrospective lui est consacrée de son vivant au Musée de Vesoul en 1988. Après sa mort à Paris, le 26 mars 1992, la Galerie Lélia Mordoch présente plusieurs expositions posthumes, à Paris comme à Gand.
L'œuvre
Lan-Bar appartient à cette génération de peintres de l’après-guerre qui, dans le sillage de Giacometti, Manessier u Leon Zack), cherchent à construire une abstraction non géométrique, chargée d’intuition, de mystère, d’élans spirituels. Ce que Michel Seuphor appelait « l’abstraction sensible ». Lan-Bar couvre ses toiles de couches successives, dans une pâte dense, où percent parfois de fines trouées de lumière. Si l’on associe souvent David Lan-Bar à la matière dense de l’huile, ses œuvres sur papier, notamment ses aquarelles, constituent une part fondamentale de son langage. Contrairement à l’opacité granuleuse de certaines toiles, ses aquarelles, se distinguent par leur transparence et leur légèreté et par une maîtrise rare du geste.
