Albert Muis
Albert Muis, né le 22 octobre 1914 à Baarn aux Pays-Bas et décédé le 24 septembre 1988, est un artiste peintre et fresquiste hollandais, de stature internationale.
Formation et premiers développements artistiques (1930-1940)
Fils d'un comptable, il manifeste très tôt un intérêt pour la peinture et la musique. Encouragé par son père, il étudie ces deux disciplines durant son enfance, mais finit par se consacrer exclusivement à la peinture.
Muis commence ses études artistiques à l'école de dessin d'Amsterdam en 1931, puis est admis en 1934 à l'Académie royale des beaux-arts d'Amsterdam. En 1935, il entreprend son premier voyage en France, où il découvre les paysages bretons, qui influencent son travail. De retour à Amsterdam, il étudie l'art monumental sous la direction d'Heinrich Campendonck de 1935 à 1938, approfondissant ses connaissances en peinture murale.
En 1937, Muis effectue un voyage en Italie, où il est marqué par les œuvres de Giotto à Florence, Venise, et Pompéi. En 1939, il collabore avec l'architecte van Tyen pour le Luchtvaart Laboratorium à Amsterdam. En parallèle, il poursuit sa pratique de la peinture de chevalet et expose pour la première fois à la Galerie Robert d’Amsterdam en mai 1940.
Les années de guerre et les débuts professionnels (1940-1949)
En juin 1942, Muis participe à une exposition de jeunes peintres avant-gardistes à Amsterdam, qui est condamnée par l’occupant nazi. Après la Seconde Guerre mondiale, il se marie en 1946 avec Hanna Deppe, d'origine suisse. Ils s'installent temporairement aux Pays-Bas, où il participe à plusieurs expositions. En 1948, il exécute une série de fresques intitulée « Les Pleureuses » pour le cimetière Oosterbegraafplaats à Amsterdam, une commande importante de la municipalité. En 1949, Muis participe à la Biennale de Venise, confirmant ainsi sa reconnaissance internationale naissante.
Installation en France et épanouissement artistique (1950-1960)
En 1948, séduit par la beauté de la Côte Vermeille, Muis décide de s'installer définitivement en France, à Port-Vendres, où il s'installe d'abord dans une maison modeste au milieu des vignes. En 1952, il réalise une fresque pour l’auditorium de l'Oosterbegraafplaats intitulée « Arcadia », inspirée par les paysages méditerranéens d'Argelès-sur-Mer.
Dans les années suivantes, Muis expose régulièrement en France et aux Pays-Bas. En 1954, il expose à Perpignan, à la salle Arago, et en 1955 à Utrecht. La même année, il réalise une fresque pour l'Université de Groningue intitulée « Oiseaux Aquatiques ». Sa fascination pour les lumières méditerranéennes marque sa production artistique.
Expositions et reconnaissance internationale (1960-1970)
En 1960, Muis expose à la Galerie Barbizon à Paris. Parallèlement, il découvre le Mas Rossignol dans les Albères, une demeure isolée qui deviendra son atelier et où il passera le reste de sa vie. En 1962, il expose au Grand Café de Céret, et en 1966, à la salle Arago de Perpignan. Le Mas Rossignol devient un lieu de rencontre pour les amateurs d'art, et Muis y organise des expositions privées.
En 1970, il expose avec grand succès au Singer Museum de Laren aux Pays-Bas. Il expose également en Italie, à Florence, dans la Galerie Paolo Vaccarino. En 1972, le Centre Culturel Bellefontaine au Mirail, à Toulouse, présente ses œuvres, témoignant de l’impact de Muis dans la scène artistique régionale et au-delà.
Dernières œuvres (1970-1988)
Dans les années 1970, Muis participe au Salon des Indépendants à Paris (1973-1974) et expose en 1975 à la Galerie Degueux, place Vendôme, à Paris. En 1976, il retourne à la Galerie Profils de Collioure, lieu d'exposition important dans la région des Pyrénées-Orientales. En 1978, il expose à nouveau au Singer Museum de Laren.
À partir de 1982, Muis réduit ses expositions publiques et se concentre sur son travail dans son atelier. Il s’éteint le 24 septembre 1988 au Mas Rossignol, à l’âge de 74 ans.
L'empreinte de Muis dans la peinture néerlandaise et française du XXe siècle, tant par ses fresques que par sa peinture de chevalet, réside dans son utilisation singulière de la lumière méditerranéenne. Son œuvre, influencée par ses voyages en Italie et sa résidence dans le sud de la France, constitue une exploration de la couleur, de la forme, et de l’harmonie visuelle.