Roland Oudot

(Français 1897-1981)

 

Roland Oudot est un artiste peintre, lithographe, graveur et illustrateur né en 1897. Il fut aussi l’auteur de carton de tapisseries, de fresques murales et de décors de théâtre.

 

La formation

Roland Oudot a su très tôt qu’il voulait se destiner à une carrière artistique, et il rentre à l’âge de 15 ans à l’Ecole Nationale supérieure des Arts Décoratifs. Il y suit l’enseignement d’Edouard Morand jusqu’à l’obtention de son diplôme en 1915.
Non mobilisable, il est recruté par le peintre russe Léon Bakst, qui cherchait un assistant pour le seconder dans ses activités auprès de Diaghilev et des Ballets russes. Bakst, sensible aux qualités du jeune homme, lui fait découvrir Paul Cézanne, Pierre Bonnard et Édouard Vuillard. Le choc de ces découvertes conforte Roland Oudot dans son désir de se consacrer à la peinture, et sa volonté de devenir un artiste complet, de la conception de tissus aux décors de théâtre en passant par l’illustration de livre, la fresque et plus tard la tapisserie.

Le style Oudot

Jusqu’à la mort de Bakst en 1923, Oudot se forme à la conception de décors de théâtre. Il rencontre les peintres d’avant-garde qui fréquentent les Ballets russes, et commence à peindre sous l’influence bouillonnante des courants futuristes, cubistes et dadaïstes. Parallèlement, il travaille pour les décorateurs Louis Sue et André mare et s’immerge dans l’esthétisme des années folles. Il expose dès 1919 au salon d’Automne en compagnie de Maurice Brianchon et de Raymond Legueult, avec lesquels il se lie d’amitié.
Son style se dégage des influences et devient plus personnel, jusqu’à se définir selon une ligne créatrice à laquelle il restera toujours fidèle : le retour à la grande tradition réaliste française, enrichie de la vision formelle que Cézanne lui inspire, et de la libération du coloris à laquelle le contact des œuvres de Bonnard lui a permis d’accéder . Oudot est un peintre de la modernité, mais qui reconnaît s’ancrer dans une filiation historique.

Les années Trente.

Roland Oudot s’impose comme un des grands réalistes de la période, égal de Dufy, Vuillard ou Chapelain-Midi.
Il y a cependant dans sa peinture une sérénité et un lyrisme qui le démarquent des autres tenants du retour à l’ordre. Cela est marquant si l’on observe les créations des peintres réalistes qui avec lui représentèrent à l’Exposition Internationale de 1937 ce courant de la création française.
Oudot reçoit des commandes importantes et réalise des décorations murales pour le palais de Chaillot ( la sonate) le paquebot Ferdinand de Lesseps ou l’Institut d’agronomie de Paris.

Le voyage en Allemagne

En 1941, Roland Oudot répond favorablement à l’invitation d’Arno Brecker de particper à un voyage de propagande en Allemagne . Il n’est pas seul : Charles Despiau, Paul Landowski, André Dunoyer de Segonzac, Louis-Aimé Lejeune,Paul Belmondo, Kees Van Dongen, Maurice de Vlaminck, Othon Friesz et André Derain font aussi partie du voyage. Comme Derain, Oudot n’y va pas pour des raisons politiques, mais dans l’espoir de pouvoir faire libérer des artistes français prisonniers. Il reconnaitra s’être cruellement trompé.

La réalité poétique

Après la deuxième guerre mondiale, la bataille entre l’abstraction et la figuration bat son plein, et les peintres réalistes commençent à perdre la faveur du public. C’est alors qu’une journaliste et critique d’art, Gisèle d' Assailly, eut l’idée de regrouper huit peintres figuratifs sous l’appellation de « peintres de la réalité poétique ». Ces artistes ont en commun, outre l’amitié qui les lie, de véhiculer une vision optimisme de l’univers au travers de leur peinture.

Le succès est au rendez-vous, et les expositions collectives ( Galerie Romanet, Galerie Charpentier) et individuelles ( chez Sagot-Le Garec ou André Weil) se succèdent.
En 1963 le Musée des beaux-arts de Neuchâtel organise une rétrospective Roland Oudot.

Théâtre, illustrations et tapisseries

Roland Oudot participe au renouveau des tapisseries d’Aubusson et livre de nombreux cartons, dont La cueillette ou Les bucherons.
Il aime particulièrement concevoir des lithographies pour illustrer des livres et son activités va de Mauriac en 1936 (Thérèse Desqueyroux) à Giono en 1965 ( Le hussard sur le toit).Il participe aux œuvres complètes de Guy de Maupassant en signant les illustrations du Horla en 1972.
Au théâtre, il signe les décors et costumes de l’Ondine de Giraudoux en 1939, et ceux de La reine morte de Montherlant à la Comédie française en 1942.

Roland Oudot se défenestre en 1986, quelques jours avant d’atteindre 84 ans.

 

 

 

Bibliographie :

Daniel Vouga. Roland Oudot . Paris, Flammarion 96 p.

Gisèle d' Assailly, Claude Roger-Marx .Avec les peintres de la réalité poétique
(M. Brianchon, C. Caillard, J. Cavailles, R. Legueult, R. Limouse, R. Oudot, A. Planson, K. Terechkovitch)
1949. Paris ; René Julliard ; 234 p.
français

Henri Troyat. Roland Oudot. 1973. Genève.

 

Illustration: Pierre Guégen. Roland Oudot. Collection Les Maîtres de demain,Editions Sequana. Paris (couverture)