Manuel Rendon Seminario
Manuel Rendon est un artiste peintre, muraliste et sculpteur équatorien de la Première Ecole de Paris né à Paris le 2 décembre 1894. Il est l’un des peintres équatoriens les plus importants du XXe siècle.
Une formation non-conformiste
Manuel Rendon, de son nom complet Manuel Rendón Seminario, passe ses premières années et sa jeunesse en France, où son père, le docteur Víctor Manuel Rendón, est diplomate. Très tôt passionné par l’art, il développe une grande culture artistique, guidé par sa mère, María Seminario. La visite assidue des musées parisiens et madrilènes contribue à former son goût. Il refuse de présenter le concours de l’Ecole des Beaux-Arts, et préfère l’enseignement plus libre de l’Académie de la Grande Chaumière. Mais même cet enseignement lui semble trop contraignant et il fint par le quitter.
Peintre ou sculpteur ?
Rendon commence par se destiner à la sculpture et, tout en n’arrêtant pas de peindre, se forme comme sculpteur. En 1911, son travail est reconnu par Matisse, qui l’expose avec d’autres artistes au Café de La Rotonde.
Pendant la première guerre mondiale, Manuel Rendon reste vivre à Paris. Le Salon de la Société nationale des beaux-arts montre deux de ses sculptures en 1916. L'année suivante, le gouvernement français organise une exposition de peintures au profit des blessés de la Première Guerre mondiale. Manuel Rendon y participe et le musée de Grenoble acquiert l'une de ses toiles.
Les années folles à Montparnasse
Progressivement Rendon abandonne la sculpture pour se consacrer entièrement à la peinture. Après la fin des hostilités, il peint à Montparnasse, où il expose, en tant que membre de la Horde du Montparnasse, ses toiles sur le pavé du « Marché aux navets ». Il se rapproche alors des milieux pacifistes et d’extrême gauche. Il collabore à la revue « Clarté » d’Henri Barbusse et est remarqué par le poète et activiste Charles Vildrac. C’est à la Galerie Vildrac qu’il expose alors régulièrement. Il se passionne pour l’abstraction géométrique et le post-cubisme, et élabore les fondements de son style, avec des formes cubisantes et une palette très colorée et expressive.
Le succès
En 1926 Léonce Rosenberg, propriétaire de la galerie L'Effort Moderne, le prend sous contrat. Il expose ses toiles aux côtés de celles de Picasso, Juan Gris, Braque, Fernand Léger, Gleizes, Metzinger, Gino Severini et Giorgio de Chirico.
Léonce Rosenberg achète toute sa production jusqu'en 1930, quand la crise économique l'oblige à suspendre tous ses contrats avec ses artistes peintres deux ans plus tard. Manuel Rendon, qui vient de rencontrer sa fidèle compagne Paulette Everand, s'installe à la campagne à la recherche d'un moyen de subsistance. Il expose au Salon des Indépendants, au Salon d'Automne et au nouveau Salon des Tuileries, apparu en 1923.
Retour en Équateur
En 1937, à la demande de son père malade, , il retourne en Équateur et s’installe à Guayaquil. Il contribue alors à faire connaître les avant-gardes picturales européennes, abstraction géométrique mais surtout cubisme, cubo-futurisme et post-cubisme. Il enrichit son inspiration au contact des couleurs et de la lumière sud-américaine. Il se rend aux Galápagos et, à son retour, il présente à Guayaquil une exposition de plus de quatre-vingts dessins aux couleurs et aux nuances ardentes.
Il reste en Équateur pendant près de douze ans, vivant à Guayaquil, Cuenca et aux Galapagos. Sa peinture devient de plus en plus figurative. Pendant cette période, il présente ses œuvres dans diverses expositions à Guayaquil et à Quito.
Paris, toujours
En 1949, il retourne à Paris, en passant par New York. Le contact avec les œuvres exposées au MoMa le remplit d’exaltation et donne un coup de fouet à son inspiration.
À Paris, sa première exposition, à la Galerie d'Art du Faubourg, est un succès critique. À cette occasion, la Ville de Paris achète l'une de ses toiles pour le Musée d'art moderne de Paris.
À partir de 1951, son œuvre acquiert une renommée mondiale. Manuel Rendon travaille alors, tantôt à Guayaquil - ou dans son « refuge » de San Pablo sur la côte équatorienne - tantôt à Paris, où il a sa résidence permanente. Il expose dans les principales villes du Brésil, d'Espagne, de Cuba, des États-Unis, du Venezuela, de France et d'Équateur. Il revient à l’abstraction géométrique, avec une inspiration de plus en plus linéaire. Sa palette est toujours aussi vibrante, avec des couleurs kaléidoscopiques qui le rapprochent de l’art cinétique.
Les dernières années équatoriennes
En 1967, il retourne en Équateur et s'installe dans le quartier de Las Peñas, à Guayaquil, où il continue à peindre. En 1979, il revient à Paris pour une dernière exposition.
Il meurt au Portugal, Vila Viçosa, en 1980