Sophie Taeuber-Arp

(Suisse 1889 - 1943)
Sophie Taeuber-Arp dans son atelier

Sophie Taeuber-Arp est une plasticienne suisse née à Davos en 1889 et morte à Zurich en 1943. Pionnière de l’art total, elle fut artiste peintre, lithographe, graveur, illustratrice et sculpteur, mais aussi danseuse, marionnettiste, metteur en scène, créatrice de tissus, architecte, décoratrice et designer.

Sophie Taeuber est rentrée dans l’histoire de l’Art par le biais des arts appliqués et de la danse. Orpheline de père, elle passe sa jeunesse dans la pension de famille tenue par sa mère (qui avait par ailleurs conçu les plans  du bâtiment de la dite pension). Ses dons artistiques se déclarent très vite, et elle suit les cursus de créatrice de tissus dans les écoles des Arts et Métiers de Saint-Gall, puis de Munich et de Hambourg, tout en continuant son entraînement de danseuse.

Elle participe au mouvement Dada et commence à s’exprimer de manière protéiforme, mais toujours en toute indépendance créatrice. Elle témoigne, dans sa recherche artistique, d’une liberté, d’une inventivité et d’un appétit de vivre sans égals, qui séduisent en 1915 Jean Arp,  qu’elle épousera en 1921. Dès 1916, elle compose des tableaux abstraits, et se crée un vocabulaire géométrique personnel, qu’elle traduit sur ses toiles mais aussi sur ses tissus. A coté d’une activité d’enseignante en art textile qui lui permet d’assurer son indépendance matérielle ainsi que celle de son époux, elle peint, sculpte  tout en mettant en scène et en interprètant de spectacles de cabaret, où les marionnettes qu’elle a créée dialoguent avec sa propre danse. En 1927-1928, elle réalise à Strasbourg, avec Jean Arp et Théo Van Doesburg le décor de l’Aubette, un centre de divertissement aujourd’hui disparu. Les documents préparatoires sont dans les collections du Cantre Pompidou. Le couple d’artistes décide de s’installer à Paris et vivent à Meudon, dans une maison entièrement conçue par Sophie Taeuber-Arp. C’est là qu’ils participent tous deux à l’aventure Abstraction-Création. En Allemagne nazie, les œuvres de Sophie Taeuber-Arp sont classées comme art dégénéré et détruites par les Nazis. A l’invasion de la France, les époux Arp sont obligés de passer en zone occupée, et s’installent à Grasse. En Novembre 1942, ils doivent fuir à nouveau et Sophie Taeuber-Arp gagne Munich. Elle se réfugie dans la maison de Max Bill, un des artistes d’Abstraction-Création, où elle meurt d’une intoxication au monoxyde de carbone.