André Vigneau en 1925.

André Vigneau

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1892-1968

André Vigneau (voir ses œuvres en vente sur le site) est un artiste peintre, architecte décorateur, publiciste, sculpteur, cinéaste, photographe et créateur de dessins animés français né le 4 juin 1892 à Bordeaux.

Une vocation précoce de peintre

En 1905, à seulement 13 ans, André Vigneau est admis à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, où il reçoit trois premiers prix de peinture durant sa formation.
Bien qu'admis au concours de l’École des Beaux-Arts de Paris, Vigneau ne peut, pour des raisons financières,y suivre ses études et choisit de gagner sa vie avec sa peinture . Il se lance d'abord comme portraitiste. Entre 1911 et 1914, il se spécialise dans la peinture décorative et ornementale. Cette activité lui permet de développer une sensibilité aux formes et aux textures, qui enrichira son approche lorsqu'il abordera le domaine des prises de vues photographiques et cinématographiques.

La découverte du cinéma et de la photographie

Durant la Première Guerre mondiale, après avoir été réformé puis mobilisé à sa demande instante, Vigneau quitte la France pour s’installer à Lausanne en 1917. Pour subvenir à ses besoins, il joue du violoncelle dans des orchestres accompagnant des projections de films muets, tout en poursuivant son travail pictural.
Il collabore également avec Emmanuel Sougez, photographe établi à Lausanne, qui influence son approche technique et esthétique et l'initie à la photographie publicitaire.

Retour à Paris : la Galerie du Portique

De retour à Paris en 1920, Vigneau reprend son activité de peintre. Parallèlement, il travaille comme directeur artistique pour les établissements Siégel, entreprises spécialisées dans les mannequins de cire. Il expose ses tableaux chez Marcelle Berr de Turique, à la Galerie du portique. Intéressée par ses réalisations publicitaires,Marcelle Berr de Turique l'encourage à compléter sa peinture par la photographie artistique.
En 1929, Vigneau ouvre un studio de photographie pour le compte de Lecram-Press, qui produit des contenus visuels pour les médias. La Galerie du Portique lui consacre à ses photographies une première exposition.

La photographie comme extension de la peinture

Bien qu’André Vigneau se concentre sur la photographie dans les années 1930, son approche reste profondément influencée par son expérience de peintre. Ses compositions témoignent d’un sens aigu de la lumière, des volumes et des textures, héritage direct de son apprentissage pictural.
En photographie, il adopte un style novateur, mêlant éléments figuratifs et abstraction, notamment dans ses études d’objets et ses publicités. Son travail est souvent qualifié de « pictorialiste moderniste », un terme qui reflète son ambition de transcender la simple représentation photographique.

Réalisation cinématographique et projets publicitaires

Dans les années 1930, Vigneau étend son activité au cinéma. En 1934, il réalise un documentaire sur la cathédrale de Chartres, présenté à la Mostra de Venise en 1939.
Parallèlement, il devient le directeur de la société Caméra-Films, spécialisée dans la publicité photographique et cinématographique.
En 1937, lors de l’Exposition Universelle de Paris, André Vigneau organise une rétrospective sur Pasteur au Palais de la Découverte. Il collabore étroitement avec le peintre Jean Lurçat. Grâce à lui, il voyage en URSS, où il explore la propagande photographique soviétique.

L’après-guerre : la consolidation

André Vigneau poursuit une carrière marquée par une diversification de ses activités artistiques et une réflexion sur le rôle des images dans la société. Il privilégie les projets photographiques documentaires et s’oriente vers une exploration des paysages urbains et ruraux de la France d’après-guerre. 
Il réalise des séries photographiques selon des thématiques classiques comme l’architecture religieuse (églises, cathédrales) et le portrait, tout en s’intéressant aux nouvelles infrastructures industrielles et aux mutations de la vie urbaine.
L’un des projets les plus ambitieux de Vigneau est sa contribution à l’Encyclopédie photographique de l’art, qu’il dirige pour les éditions Tel. Ce projet colossal, entamé avant la guerre mais repris dans les années 1940-1950, vise à documenter les chefs-d’œuvre artistiques à travers une photographie de haute qualité.
Vigneau réalise plusieurs documentaires, souvent sur commande, portant sur des thématiques artistiques ou patrimoniales. Il est sollicité par des musées et bibliothèques françaises pour mettre en valeur les collections nationales, notamment dans le domaine de la photographie d’œuvres d’art.
Il reste actif sur la scène artistique. Plusieurs galeries et institutions exposent ses travaux, notamment ses photographies d’art et ses paysages documentaires.
À la fin de sa vie, Vigneau prend soin de préserver son œuvre en travaillant à l’archivage de ses travaux.

André Vigneau décède le 5 juillet 1968, à l’âge de 76 ans, dans le 6ᵉ arrondissement de Paris. 

En 1984, ses archives photographiques, incluant négatifs et épreuves, sont léguées à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

Les oeuvres de l'artiste
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