Aline Gagnaire

(Française 1911 - 1987)
Aline Gagnaire 1911-1987

Visionnez ce documentaire sur Aline Gagnaire, diffusé à la Biennale Beaubourg 1995. 

Pour découvrir une sélection de ses oeuvres, découvrez notre exposition virtuelle: Aline Gagnaire un esprit libre

 

 

 

 

Aline Gagnaire est une artiste peintre, sculpteur, illustratrice, lithographe, écrivain et graveur surréaliste française, née à Paris le 11 septembre 1911 et morte en février 1997.

 

Se construire en artiste envers et malgré tout

 

Aline grandit rue d’Amsterdam, dans le 8 eme arrondissement parisien. Son enfance et son adolescence sont marquées par les souvenirs de la Grande Guerre que lui impose son père, grand blessé de guerre et médaillé militaire.
Pleine d'élan vital, Aline Gagnaire trouve dans la création le moyen de lutter contre la dépression qui l'entoure et se bat pour forger son propre univers.

  • Ecrire en peinture : Aline a surement été atteinte  de dyslexie. Comme personne ne sait y remédier, elle ne parvient pas à suivre un cursus scolaire normal. Adulte, elle déclarera souvent ne pas connaître l’orthographe. D’une vive intelligence, elle se dote d’une culture autodidacte et très vite commence à pratiquer  la peinture.
  • S'exprimer avec Dada. A 17 ans, elle rencontre un groupe dadaïste, Les réverbères. Elle publie des articles dans leurs revues et trouve enfin sa voie : celle d’une artiste non conventionnelle, aux multiples talents, n’écoutant que son inspiration originale.
  • Utiliser la parole: Aline découvre le théâtre, et la liberté des mots et des situations que permet le spectacle vivant vient enrichir son imaginaire: elle joue notamment le rôle principal des Mamelles de Tirésias d’Apollinaire en 1938.
  • Résister avec les surréalistes. Après la déclaration de guerre et un bref exode à Bordeaux, elle revient dans la capitale, où elle se rapproche du groupe «La main à la plume». Elle est une des rares femmes à participer à la résistance surréaliste

En 1942, la répression allemande se rapprochant, elle part s’installer dans le Tarn, pour se plonger dans la recherche picturale. Son époux André Pouget , peintre lui aussi, l'accompagne.

 

Art brut nourri de Dada: un Surréalisme singulier.

 

N’ayant jamais reçu de formation artistique conventionnelle, Aline Gagnaire est l’exemple type de ces créateurs dont la démarche est qualifiée d’Art brut par Jean Dubuffet. 

Elle puise dans son contact avec Dada et surtout dans à la mouvance surréaliste des pistes de réflexion que viennent enrichir une inspiration  foisonnante.

Si l’œuvre de Gagnaire devient vite unique en son genre, son sens du défi et de l'exorbitant autorisent à la rattacher au courant surréaliste, même si elle n'a appartenu au groupe lui-même que jusqu'en 1942, et pendant l'absence de Breton.

Son intense activité artistique lui permet, au lendemain de la guerre, d’avoir sa première exposition personnelle, à la Galerie des Deux Iles. La galerie Drouin fait appel à elle pour son espace consacré à l’Art Brut.

 

Une carrière hors des sentiers battus

Aline Gagnaire alterne alors la vie dans sa maison du Gard, où sa puissance créatrice se ressource  et des périodes de création dans son atelier parisien. Elle joue autour du concept du visage, ajoutant à ses célèbres pictogrammes des variations sur les faces, qu’elle présente toujours déchirées, déstructurées, reconstruites.

Elle se bat pour imposer sa vision artistique, allant même, la reconnaissance se faisant attendre, jusqu’à financer sa peinture  en s’installant comme tapissier-décorateur.

Elle invente de nombreuses formes picturales, donnat à la présence du calligramme en peinture une ampleur nouvelle, développant l'art-textile dans des voies jusqu'alors inexplorées ( ses tableaux chiffons) , cherchant à intéger sculpture et peinture dans oeuvres éloquentes.

Ses derniers travaux portaient sur le rapport entre visible et invisible, jouant de silhouette découpées et de collages de papier vitrail.

 

Vive la pataphysique ou l'explosion Oupeinpienne

Sa découverte de la Pataphysique, grâce à son ami Noël Arnaud,  la conforte dans son inspiration à la fois déjantée et explosive. Auditrice au Collège de Pataphysique, elle réfléchit aux enrichissements que la Pataphysique peut apporter à la peinture et pose les premiers jalons de ce qui va devenir en 1980, sous l’impulsion de François Le Lionnais, Jacques Carelman et Thieri Foulc, l’OuPeinPo, l’Ouvroir de la Peinture Potentielle.

Malgré une santé déclinante, elle multiplie les expositions personnelles. Il faut remarquer ses utilisations du plâtre dans d’étonnant "reliefs blancs" tableaux en relief à mis chemin entre le monochrome blanc et la sculpture. Une série autour de l’enfermement l’amène à livrer des murs peints au plâtre sur d’immenses toiles, et sa réflexion sur le sida lui inspire des œuvres composées de seringues usagées.  

Un fil rouge court aussi dans ses œuvres, la silhouette transparente, métaphore de la solitude humaine dans la foule.

Aline Gagnaire n’a pas cessé de créer jusqu’à sa mort à l’age de 86 ans. 

Depuis qu'Aline Gagnaire a occulté sa réalité terrestre le 11 février 1997, elle continue à peindre la transparence au sein des Ou-X-Po, les Ouvroirs d'X potentiel .

Nous saluons le travail qu'elle y effectue.

 

Bibliographie

1993 Centre Culturel Français - New York (U.S.A.) 

 Arturo Schwarz

“Surrealist political commitment and Aline Gagnaire’s
artistic involvement”

Exposition  retrospective :

1992 Galerie Michel Gubri - Paris : Gagnaire - Un parcours