Charles  Lapicque

(Français 1898 - 1988)

 

L'un des dix artistes les plus importants de l'art occidental . André Breton

L'un des cinq maitres de la peinture française. Pierre Restany.

 

Charles Lapicque, scientifique et ingénieur de formation, est un artiste peintre de la nouvelle École de Paris, né à Theizé en 1898, décédé à Orsay en 1988.

Ses œuvres furent déterminantes, entre 1939 et 1943, pour le développement de la peinture non figurative. Parallèlement, sa figuration très colorée dans les années 1950 influence le Pop art, la figuration narrative, les figuration libre et cultivée, trans-avant-garde et Bad painting.

Né dans une famille originaire des Vosges, Charles Lapicque est le fils adoptif de Louis Lapicque, professeur de physiologie général à la Faculté des sciences de Paris. Il passe sa petite enfance à Épinal et fait en 1900 son premier séjour en Bretagne, près de Paimpol, où il retourne longtemps chaque été.

À partir de 1909, il habite Paris où il suit ses études secondaires, pratique le dessin au lycée puis dans les académies libres, aborde la pratique du violon. Mobilisé de 1917 à 1919 dans l'artillerie de campagne, il y acquiert une connaissance des chevaux qui se retrouvera plus tard dans ses peintures, participe aux combats de 1918 et recevra la Croix de Guerre.

En 1919, Charles Lapicque entre à l'École centrale des arts et manufactures de Paris, s'intéressant particulièrement aux projections et perspectives utilisées dans le dessin industriel. Ingénieur dans la distribution d'énergie électrique, il s'installe à Paris en 1924, peignant le dimanche paysages et marines. Ses recherches plastiques, dans le climat du cubisme, développent les études qu'il a poursuivies sur les modes de projection dans l'espace. En 1925, son Hommage à Palestrina se dégage de toute visée figurative et suscite les encouragements de Jeanne Bucher qui lui propose de devenir « peintre de la galerie ». Il abandonne en 1928 sa carrière d'ingénieur pour se consacrer à la peinture, réalisant en 1929 sa première exposition personnelle à la Galerie Jeanne Bucher.
Par la suite, il reprend ses études à la Faculté des sciences de Paris et commence une thèse pour le doctorat ès sciences physiques sous la direction de Charles Fabry. Il entreprend des recherches sur la perception des couleurs qui le conduisent à renverser la loi classique de leur échelonnement dans l'espace, Lapicque observant que le bleu constitue en fait la couleur du plus proche, le rouge du plus lointain. Afin de perfectionner ses connaissances, il entre à l'École supérieure d'optique dont il sort ingénieur-opticien diplômé en 1934.

Il s'intéresse parallèlement, dans les musées et chez les antiquaires, aux œuvres artisanales anciennes, enluminures, tapisseries médiévales, émaux cloisonnés poitevins, faïences, dans lesquelles il trouve des confirmations de ses théories et fait plusieurs communications aux réunions de l'Institut d'optique, notamment, en 1935, sur « le rouge et le bleu dans les Arts ». Charles Lapicque rencontre en 1936 le philosophe Gabriel Marcel qui l'invite à des séances de discussion et lui fait connaître Jean Wahl : c'est le point de départ de sa réflexion philosophique et esthétique.
Il reçoit en 1937 la commande de cinq grandes décorations murales pour le Palais de la Découverte à Paris, l'une d'elle, La synthèse organique (10 x 10 m), lui valant une médaille d'honneur à l'Exposition Universelle de 1937. Lapicque soutient sa thèse de doctorat ès sciences physiques en 1938 sur « l'optique de l'œil et la vision des contours tandis qu'il réalise plusieurs sculptures (granit). S'intéressant aux arts africains et précolombiens, il aborde parallèlement la clarinette, le basson, le trombone et pratique durant dix ans le cor dans des ensembles amateurs.
Mobilisé au Centre national de la recherche scientifique, Lapicque est en 1939 chargé d'études sur la vision nocturne et le camouflage, travaillant avec Antoine de Saint-Exupéry. Démobilisé, il commence d'appliquer ses théories dans une série de Figures armées qui posent les basses d'une peinture nouvelle et participe en 1941 à l'exposition des « Vingt jeunes peintres de tradition française » organisée par Jean Bazaine, première manifestation de la peinture d'avant-garde sous l'Occupation, alors que le nazisme multiplie les condamnations de « l'art dégénéré ». Il fait à nouveau en 1943 un bref séjour en Bretagne. Un contrat avec la Galerie Louis Carré lui permet d'abandonner son poste de préparateur à la Faculté des Sciences. Il peint en 1944 plusieurs toiles autour de la libération de Paris et retrouve durant l'été 1945 le chemin de la Bretagne. La Galerie Carré présente en 1946 une exposition « Bazaine, Estève, Lapicque », préfacés par André Frénaud, Jean Lescure et Jean Tardieu.
Charles Lapicque fait en 1948 une première conférence au Collège de philosophie fondé par Jean Wahl. Il est nommé peintre du Département de la Marine et participe à de nombreuses manœuvres au large de Brest (1948), de Toulon (1949), en Afrique du Nord (1951). Recevant en 1953 le Prix Raoul Dufy de la Biennale de Venise, il effectue entre 1953 et 1955 quatre séjours dans la ville. Lapicque fait par la suite des voyages, qui seront chacun à l'origine de nouvelles suites de peintures, à Rome en 1957, en Grèce en 1963, en Espagne en 1973, en Hollande en 1974, en France même, à Vézelay en 1975, dans les châteaux de la Loire en 1976, à Aix-en-Provence en 1980. Charles Lapicque reçoit le Grand prix national de peinture en 1979.

Il meurt à Orsay le 15 juillet 1988.

Source: article wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Lapicque