Henri Olive-Tamari

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(1898 – 1980)


Formation et éveil 

Né à La Seyne-sur-Mer en août 1898, Henri Olive-Tamari grandit dans le quartier de Tamaris, dont il reprendra le nom comme signe d’attachement à ses racines. Très jeune, il manifeste une curiosité pour la nature, la lumière et le rythme du monde. Après la Première Guerre mondiale, il monte à Paris en 1920, en compagnie des peintres varois Laurent Mattio et Marius Echevin. Sans formation académique, il apprend en copiant les maîtres au Louvre : Rembrandt pour la densité, Chardin pour la vérité silencieuse, Daumier pour la vigueur du trait. Cette éducation solitaire forge une peinture réfléchie, nourrie de culture humaniste.

Installé à Montparnasse, Olive-Tamari partage son temps entre la capitale et son atelier d’été à Toulon, rue Anatole France. Ce double ancrage, entre la ferveur intellectuelle de Paris et la lumière méditerranéenne, deviendra le moteur de son œuvre et le cadre d’une vie où la peinture, la littérature et la poésie se répondent sans hiérarchie.

Un itinéraire artistique entre figuration et abstraction

Ses débuts figuratifs, dans les années 1920, révèlent une sensibilité déjà tournée vers l’essentiel. Après une « période grise », dominée par des harmonies sourdes, il aborde dans les années 1930 une peinture plus chaleureuse, héritée des maîtres flamands. Peu à peu, la figure humaine se stylise : la composition devient allégorique, l’espace symbolique. Dans les années 1940, son univers se peuple de signes, d’enfants, d’oiseaux, de formes cosmiques qui préfigurent sa conversion à l’abstraction.

À partir de 1950, Olive-Tamari participe au Salon des Réalités Nouvelles, dont il devient secrétaire général. Sans renier ses origines méditerranéennes, il s’inscrit dans le grand courant de l’abstraction française d’après-guerre. Ses toiles, comme ses œuvres sur papier, obéissent alors à une rigoureuse construction interne : spirales, cercles, volutes organisent la surface dans un mouvement ascensionnel. La couleur devient énergie, porteuse d’un souffle spirituel. Le fameux « bleu Tamari », intense et profond, naît de cette recherche d’un absolu lumineux.

Directeur de l’École des Beaux-Arts de Toulon entre 1955 et 1968, il forme de nombreux jeunes artistes et fait de son atelier un lieu d’échanges où la peinture, la poésie et la musique se rencontrent. Autour de lui gravite tout un milieu intellectuel toulonnais : écrivains, professeurs, musiciens et peintres s’y réunissent pour des lectures, des discussions, des expositions improvisées. L’atelier d’Olive-Tamari, véritable foyer de création, devint l’un des pôles majeurs de la vie culturelle varoise de l’après-guerre.

Le peintre poète

Parallèlement à son œuvre plastique, Henri Olive-Tamari écrit tout au long de sa vie. Il publie plusieurs recueils de poésie et des textes en prose où transparaît la même exigence de dépouillement que dans sa peinture. En 1938, il illustre et préface Au-delà de moi-même de Luc Estang, premier jalon d’une série de collaborations avec des écrivains et poètes. Sa propre écriture, sobre et lumineuse, parle d’un monde intérieur où le visible rejoint l’invisible, où la lumière devient symbole de connaissance.

Pour lui, peindre et écrire relèvent d’un même élan : « Je cherche, disait-il, non la forme des choses, mais le rythme qui les anime. » Dans ses monotypes et ses gravures, cette phrase prend une résonance plastique : le noir y devient une matière de révélation, la trace un geste poétique. Son œuvre graphique, très abondante, explore la frontière entre le signe et le mot, entre la vision et la parole.

Une œuvre de correspondances

Chez Henri Olive-Tamari, la peinture et la poésie procèdent d’un même principe : révéler le mouvement de la vie intérieure à travers la lumière. Sa quête du rythme, du souffle et du verbe fait de lui un maillon essentiel de cette lignée d’artistes pour qui l’art fut toujours un acte d’union — union de la pensée et du regard, du monde et de l’esprit.

La dernière période d’Olive-Tamari, des années 1960 à sa mort en 1980, atteint une sérénité presque mystique. Ses toiles, baignées de bleu, semblent respirer au rythme de la mer et du cosmos. 

Son influence demeure forte dans le sud de la France, où il a incarné l’idéal d’un artiste total, à la fois peintre, graveur, céramiste et poète. Son œuvre figure dans les collections du musée de Grenoble, du musée d’art de Toulon. La ville de La Seyne-sur-Mer conserve un important fonds Olive-tamari.

Les oeuvres de l'artiste
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