Antonio Uria Monzón

(franco/espagnol 1929-1996)
Antonio Uria Monzon en 1972 expose à madrid

Je me considère comme un peintre espagnol, enraciné dans la peinture espagnole de toujours. Antonio Uria Monzón

 

Antonio Uria Monzón est un artiste peintre, graveur, lithographe, et illustrateur espagnol né à Madrid en 1929, qui a principalement vécu et travaillé en France. Il fut aussi brièvement, et comme Auguste Renoir, peintre sur porcelaine.

Les années madrilènes

Antonio Uria Monzón est né dans une famille possédant une grande culture artistique. Son père, musicien militaire dans la Garde Royale, est un aquarelliste amateur de talent et l'association entre la musique et la peinture est toujours allée de soi dans la tradition familiale.

L'enfance d'Antonio fut marquée par la Guerre civile. En 1936, son père est assassiné et le jeune orphelin grandit dans la pauvreté au milieu des dangers de la guerre. Il se met à dessiner sans cesse.

En 1944, il décide de devenir peintre et abandonne ses études pour s'inscrire au Circulo de Bellas Artes, une académie libre de peinture renommée à Madrid. Il fréquente alors le Prado où il copie les Grands Maîtres. Il fonde avec son frère une entreprise de peinture en porcelaine. Mais l'espagne franquiste est peu propice aux aspirations du jeune artiste et il décide de checher le souffle de l'inspiration à Paris .

Paris n'est pas la liberté

Uria-Monzon arrive à Paris en 1952, après un voyage de trois mois avec un de ses camarades. Il continue à se former à la Grande Chaumière mais trouve le climat effervescent de la capitale peu inspirant et refuse de prendre part aux querelles de l'Ecole de paris. Il ne s'intègre pas à la communauté artistique française et cehrche l'aide et les recommandations de l'ambassade espagnole. Ses premiers succès lui valent d'être sélectionné pour la Biennale Hispano-Américaine de La Havane (Cuba) en 1954.

En 1955, lassé des rivalités parisiennes, il décide de quitter la capitale et de s'installer à Saint-Jean-de-Luz. C'est là qu'il y rencontre sa future épouse,  originiare d'Agen.

Mais Uria Monzon ne rompt pas pour autant ses liens avec la capitale. C'est à Paris qu'il signe ses premiers contrats avec des galeristes. Il est remarqué par Paul Pétridès, qui lui organise plusieurs expositions personnelles au cours des années 60. Mais suite à un désaccord profond, Uria Monzon finit par briser toute relation d'affaire avec Petridès et dans la foulée, avec tout galeriste parisien.

Peindre en Agenais comme au Pays Basque

Uria-Monzon installe son atelier à Agen, où il reste pendant dix-huit ans puis à Saint Hilaire de Lusignan. Parralèlement, il tisse des liens au pays Basque et achète la maison de Maurice Ravel à Ciboure, où il vient peindre plusieurs mois de l'année. Il installe une galerie sur la Cote basque où il commercialise lui-même ses oeuvres.

La sensibilité artistique de Uria Monzon est marquée par son enfance : la grande intensité de ses œuvres, le souffle vital qui les traverse, la violence contenue contient en filigranne l'empreinte de la guerre civile . Il est particulièrement connu pour ses scènes de corrida, tout comme ses portraits. Mais comme il le déclare lui-même: "je n'ai aucune spécialité, j'aime peindre!"

Antonio Uria Monzon est le père de six enfants, un fils et cinq filles : sa fille Béatrice est une cantatrice renommée.

Il meurt d'un cancer en 1996.

Photographie issue d'une interview d'Antonio Uria Monzon lors d'une exposition à Madrid en 1972.

Pour en savoir plus:

  "L'univers d'Antonio Uria Monzon", éditée en 2001par Silvia Uria Monzon où figure une biographie écrite par Xavier Narbaïtz

Le site de l'artiste