André Vernet

André Verdet

Français
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1913 - 2004

André Verdet est un poète français, écrivain et critique d’art, né à Nice le 4 août 1913. Il est tout autant peintre, sculpteur, céramiste, lithographe et graveur. C’est de plus un jazzman accompli.

L’empreinte de Saint-Paul de Vence.

Jusqu’à l’âge de dix ans, André Verdet vit heureux à Saint-Paul de Vence, chez son oncle et sa tante. Il y conçoit un amour indéfectible pour la Provence et sa lumière. En 1924, son père le reprend et l’emmène dans le Nord, l’obligeant à se former pour l’hôtellerie dans un lycée professionnel. Dès ses dix-neuf ans, Verdet s’engage dans l’armée pour fuir un avenir qu’il refuse et se retrouve posté à Shangaï. Cette expérience renforce l’instinct de révolte qui marque tout son parcours artistique. Malade, André Verdet est réformé. En 1936, il peut enfin retourner à Saint-Paul de Vence.

La poésie

André Verdet entre en littérature grâce à Jean Giono. Il bénéficie des conseils de l’écrivain pendant sa convalescence et, en 1938, publie son premier livre, une Histoire de Saint-Paul de Vence. C’est en 1941 qu’il rencontre, un jour de fête à Saint Paul de Vence, Jacques Prévert. L’amitié entre les deux hommes marque l’entrée d’André Verdet en poésie. Ils écriront ensemble trois recueils de poèmes, Souvenirs du Présent en 1945, Histoires en 1948 et C’est à Saint Paul de Vence en 1949, trois recueils de poèmes écrits à quatre mains. Il ne cesse de publier sur toute la durée de sa vie, ses thèmes d’inspiration poétique venant alimenter ses autres activités artistiques. En 1963 paraît le recueil La Vallée des Merveilles. Il aborde ensuite le domaine des univers stellaires dans le recueil Le ciel et son fantôme en 1975 ou encore dans Seul l’espace s’éternise paru en 1994. En 1985 il publie Langue d'Eros, des poèmes érotiques illustrés d'encres de Paul Jenkins. Son dernier recueil de poèmes, publié en 2003, marque une nouvelle inspiration, les animaux, et s'intitule Face à nous les bêtes.

Les camps

En 1941, André Verdet entre en Résistance. Il est Clairval dans le réseau Combat puis le commandant Duroc dans le réseau Action Immédiate. En février 1944, il est arrêté, déporté à Auschwitz puis à Buchenvald. Il en sort à la libération du camp, en avril 1945.
L’expérience des camps marquera les travaux d’André Verdet pendant toute sa vie. Ses poèmes de captivité sont publiés dans le recueil Les jours les nuits et puis l’aurore. C’est le thème de son premier roman, sorti en 1948 sous le titre La nuit n'est pas la nuit. Enfin, son œuvre picturale l’exprime dans sa série Visages sacrifiés puis dans les Masques en 1980.

La peinture

Après la guerre, André Verdet rencontre Matisse par l’intermédiaire de Paul Roux, hôtelier à Saint Paul de Vence, puis Picasso,par l’entremise de Jacques Prévert. Leur influence le conduit à s’exprimer par la peinture, le dessin, la sculpture sur métal et la céramique. Il expose dès 1957 en France et en Italie. Alexandre de la Salle, galeriste à Saint Paul de Vence, l’intègre dans son écurie à partir de 1967 (exposition collective L’Ecole de Nice) jusqu’en 2000.
De 1957 à 1960 il restitue les Sortilèges de Provence avant de passer à la série des Idoles, où les rochers de Provence sont traités comme des divinités, jusqu’en 1964. A Vallauris, Picasso l’introduit chez le céramiste Madoura et Verdet y crée des céramiques nommées Pierres de feu. Ce sera ensuite la série des Ciments (1962) puis des Vitrifications (1963-1966). En 1973, en écho à son œuvre poétique, il aborde des représentations stellaires nommées Cosmogonies.

Bételgeuse et le jazz

En 1978, Bill Wyman, bassiste des Rolling Stones, l’encourage à fonder son groupe de jazz. Avec Gilbert Trem, il crée le groupe Bételgeuse, qui se produit jusqu’en 1985. La peinture vient entrelacer ses thèmes avec la musique. En 1980, le premier disque s’intitule Picasso-Blues. Le disque suivant, intitulé Fernand Léger, précède Euphories de la couleur, consacré au peintre Paul Jenkins. La période stellaire de Verdet apporte un disque intitulé Hommage aux cosmonautes.

Une vie jalonnée d’amitiés artistiques

A côté des grands initiateurs, Giono, Prévert, Matisse et Picasso, Verdet a toute sa vie noué avec des artistes des amitiés profondes, qui viennent enrichir sa création. On peut citer Chagall, la sculptrice Anita Tullio, Jean Cocteau, Paul Jenkins qui a un atelier à Saint Paul de Vence, Ladislas Kijno, etc.
Les rencontres et les amitiés qui jalonnent la vie d’André Verdet ont permis l’éclosion d’œuvres réalisés en amicale collaboration. Les recueils de poèmes avec Prévert en sont la première manifestation. Yves Klein reprend dans une de ses œuvres un poème de Verdet qui lui était consacré. On peut citer aussi un travail d’inclusion avec Arman. Une sculpture réalisée avec Gilli associe un rocher de Provence de Verdet avec des escargots de Gilli. Il faut citer aussi de nombreux livres d'artistes alliant poèmes de Verdet et illustration de peintres amis de renom. Avec Max Papart, c'est Luberon en 1967. Avec Alechinski, ce sont les Exercices du regard en 1991.
 

Dernières années et postérité

André Verdet meurt à Saint-Paul-de-Vence le 19 décembre 2004.
Deux expositions rétrospectives lui ont été consacrées de son vivant : en 1992, André Verdet Pluriel au MAMAC ( Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain de la ville de Nice) et en 1999 au CIAC (Centre international d'art contemporain) de Carros, André Verdet Univers.
On peut voir ses œuvres au CIAC et à la Médiathèque André Verdet de la ville de Carros, qui abritent une importante donation de l’artiste.
En 2001, un colloque international est consacré à la poésie d’André Verdet à l’Université de Nice : André Verdet : le pur espace poésie.