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Nuage
Signé en bas autour de la fenêtre
Une cruche en terre cuite, une pomme et une poire se découpent derrière une fenêtre blanche, tandis qu'un verre plein de blancheur est peint au premier plan.
Ce tableau est encadré d'une caisse américaine et présenté en accrochage avec La dernière tour, une toile dystopique de Pierre Clayette, ainsi que Menorah de Salvator Dali.
Ce qui habite ce tableau, c’est le ciel. Un ciel pur, parcouru de nuages, traité dans une matière fine, allusive, presque effacée. Ce tableau n’a pas de sol, pas de murs, pas d’horizon. Il n'est que fenêtre sur le ciel avec quelques objets du quotidien placés sur un fond d’air, de lumière, du lent mouvement du nuage qui passe.
Le nuage, c’est le temps visible : il n’a ni bord, ni forme fixe, ni durée définie. Il s’étire et se dissout, comme le souvenir, comme la lumière du jour. En le peignant ainsi — à la fois très présent et presque invisible — Berdal le rend symbole du temps qui fuit sans bruit. Les objets matériels qu'il ancre dans sa toile, la cruche, la pomme, le verre, semblent frêles et évanescents, comme pour nous rappeler que la peinture reste seule à pouvoir témoigner de la douceur d’un instant qu’on ne peut retenir.
La fenêtre au premier plan agit comme un filtre. Elle empêche l’éparpillement du regard et organise l’image. Mais elle nous dit aussi, en nous montrant devant elle le verre plein, derrière elle la cruche et les fruits, que la vie n'est que passage entre intérieur et extérieur, entre la chose et son effacement, entre le moment et sa perte. Mais il n'y a là aucune tristesse. Au contraire, on trouve dans ce tableau une lumière calme, une acceptation lucide, une beauté tranquille.
Nuage est une méditation sur la durée fragile de chaque chose. La pomme va mûrir, le verre sera vidé, la lumière tournera, et le nuage — déjà — n’est plus ce qu’il était au début de notre regard.
Berdal, nous donne à voir ici non pas un temps arrêté, figé par l'acte de peindre, mais un temps en devenir, qu’on écoute, qu’on accepte, et qu’on contemple, même dans sa fuite.