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Théière et balalaïka
Signé en bas à droite
Sur une table brun rouge, se détachent une théière rose, une tasse de thé avec sa cuillère, une balalaïka et un demi-citron.
Cette huile sur toile est encadrée d'une caisse américaine blanche et présentée en accrochage avec La dernière tour, une œuvre fantastique de Pierre Clayette.
Axel Berdal a construit un espace aux lignes géométriques, sans aucune illusion de profondeur, où ses objets s'enchevêtrent, la balalaïka reposant sur la tasse tandis que le bec de la théière s'avance sur la caisse de résonance de l'instrument, comme si tous ces éléments étaient plats.
La balalaïka n’est pas représentée dans son éclat et sa brillance. Elle est réduite à une surface et devient, ainsi épurée, une idée de musique. Face à elle, la théière rose poudre, aux contours généreux, et la tasse blanche avec sa cuillère, apportent la dimension du goût face à celle de l'ouïe. La musique et le thé ne sont pas traités en opposition, mais en résonance. Elles sont l'une et l'autre deux manières de faire exister la durée, par le son, par la chaleur, par le goût.
Ces objets constituent une constellation de gestes suspendus dans le temps. On y lit l'évocation des moments précédant la musique, avec la préparation du thé, le moment de la musique elle-même, puis celui qui suit l'émotion musicale, avec la solitude et la méditation en face d'une tasse vide. Le tableau tout entier semble tourné vers cet entre-deux des actions, ce moment flottant où le geste est terminé mais reste présent, en suspens.
Le citron coupé, est placé en point focal du tableau, juste sous la balalaïka. Sa teinte jaune vive tranche dans la palette sourde du tableau. Il est à la fois fruit réel et symbole sensoriel.
Dans le thé, il apporte ce surcroît d’acidité qui intensifie le goût, comme la musique intensifie la vie.
Il devient aussi métaphore du temps qui pique, du souvenir qui s'enfuit. Son acidité est celle du moment qu’on ne rattrape pas. Il dit la fraîcheur perdue, la précision qui échappe, la fin du morceau déjà joué. Il est ce centre nerveux du tableau, à la croisée du plaisir et du regret.