Paul Colin

(Français 1892-1985)

Paul Colin est un artiste peintre, lithographe, graveur, scénographe et affichiste français né en 1892.

Paul Colin a marqué l’imaginaire des Années Trente en créant, par le biais de ses affiches, une esthétique traduisant l’effervescence de l’entre-deux guerres.

Formation auprès des maîtres de l’Art Nouveau.

Paul Colin entre à 15 ans comme apprenti dans une imprimerie nancéenne, où il découvre les techniques d’impression de son époque, la lithographie et l’héliogravure. Au contact des artistes dont son imprimerie édite les œuvres, il comprend vite qu’il veut être un créateur et s’inscrit à l’Ecole des beaux-Arts de Nancy. Son esprit inventif est développé par Victor Prouvé. Le pionnier de l’Art Nouveau lui enseigne le goût de la ligne efficace mais aussi l’aspiration à la nouveauté.

Le Théâtre des Champs-Élysées

Le premier conflit mondial interrompt la carrière nancéenne de Paul Colin. Il se bat vaillamment, est blessé à Verdun et démobilisé, se retrouve dans le Paris des Années Folles. Il avait connu dans les tranchées André Daven, qui animait en second le Théâtre des Champs-Élysées. André Daven qui avait reconnu le talent de son ami à travers ses croquis de tranchées, engage Paul Colin pour réaliser les affiches et les décors du Théâtre. Son contact avec les peintres de l’avant-garde russes qui créaient de nombreuses maquettes de décors ouvre à Paul Colin de nouveau champ d’inspiration.

Créer, animer et transmettre

Paul Colin devient l’affichiste de référence pour assurer la notoriété d’un spectacle après le succès de ses affiches pour la revue Nègre où danse Joséphine Baker.
Il met au point son style avec des aplats de couleur et des stylisations de forme, une interprétation très personnelle du cubofuturisme russe. Il crée aussi une école de dessin, visite la Russie soviétique en 1932 juste avant que le réalisme socialiste ne vienne tuer l’élan artistique des avant-gardes rouges. 
A côté des affiches de spectacle, il crée une affiche de l’Exposition universelle de 1937 ou des publicités pour Saint-Raphaël Quinquina. Il fait aussi des décors de film (Liliom de Fritz Lang en 1934) et d‘opéra dont L’enfant et les sortilèges de Ravel en 1939 à l’Opéra de Paris

Travailler sous l’Occupation ?

Paul Colin crée des affiches de propagande pour le gouvernement français pendant la drôle de guerre, puis continue quelque temps à travailler après l’armistice, mais met bientôt fin à ses interventions d’affichistes pour n’avoir pas à travailler pour Vichy ou l’occupant Allemand.
Il se remet à la peinture pure et au dessin.

 

Peinture et sculpture, les arts ultimes

En 1945, Paul Colin crée des affiches mythiques, de la Libération de Paris aux élections de l’Assemblée constituante. Il continue son engagement politique en faveur des causes qui lui paraissent défendre la paix, mettant son talent d’affichiste au service du Mouvement de la Paix du Parti communiste, mais créant aussi des affiches pour Paix et Liberté ou la CED.
La peinture est devenue pour lui essentielle. Il participe aux Salon des peintres témoins de leur temps et est de plus en plus identifié autant comme artiste peintre que comme affichiste. De nombreuses expositions personnelles comme à la Galerie Drouant-David en 1953, lui sont consacrées.
Il tourne une page lorsqu’il met en vente son atelier à Drouot en 1970
Il s'exprime par la sculpture durant ses dernières années, retrouvant l’inspiration des objets publicitaires qu'il avait sculpté dans les années trente.