Date de création : 
2008
Technique : 
Support : 
toile
Dimensions : 
Tableau: 50cm x 50cm. Sans cadre.
Inscription : 
Signé
Etat de l'œuvre : 
Excellent. Quelques traces de manipulation
Domaines : 
Période : 
450 €
L'œuvre

De la Nature IV 2003
Madeleine Lambert
Textes de Marcel Proust

Dans ce collage , Madeleine Lambert associe des photos de banquise travaillées en photocopies, et du papier japon sur lequel elle a recopié le texte de Marcel Proust à l'encre de chine.

L'oeuvre est présentée en accrochage ( cliquez sur la derniere vignette sous l'image principale) avec  Médecin et gentleman une aquarelle de Sonneville

 

 

Qu'en dire ?

Dans ce collage sur toile, Madeleine Lambert  réfléchit sur les relations entre la nature et l'être humain, à partir d'un texte onirique de Marcel Proust, qui relie les glaces du pôle avec le corps humain.

Elle évoque le rapport d'éloignement et de proximité de l'homme avec la nature. L'image de banquise passée et repassée à la photocopieuse, travaillée au point de risquer de perdre sa lisibilité, évoque la perte de contact, mais aussi éveille un besoin de reconstruire par l'imagination ce réel qui nous manque.

La page de Proust, qui évoque ses terreurs d'enfant à l'idée que les hommes en caleçon de bain qui se changeaient dans les cabines de la piscine Déligny allaient être directement projeté dans les neiges polaires, renforce le propos de l'artiste.

De plus, le tableau n'a, de part la volonté de l'artiste, pas de sens d'accrochage. La signature et la mention sur la chassis indiquent un snes de lecture où l'écriture de la page de Proust, mise verticalement, perd sa signification. Mais l'accrochage de l'exposition témoigne d'un accrochage horizontal. Ceci renforce la sensation de perte de sens dans la connection homme/nature sur laquelle Madeleine Lambert travaille dans cette série. 

Les Atamanes ont choisi de présenter les deux sens d'accochages, qui, l'un comme l'autre, sont validés par l'artiste.

 

Texte de Marcel Proust (Albertine disaprue, page 284)

…je sentais que cet horizon si voisin … c’était une courbure de la terre tout autre que celle des mers de France … si bien que ce bassin de l’arsenal, à la fois insignifiant et lointain, me remplissait de ce mélange de dégoût et d’effroi que j’avais éprouvé tout enfant la première fois que j’accompagnais ma mère aux bains Deligny ; en effet, dans le site fantastique composé par une eau sombre que ne couvraient pas le ciel ni le soleil et que cependant, borné par des cabines, on sentait communiquer avec d’invisibles profondeurs couvertes de corps humains en caleçon, je m’étais demandé si ces profondeurs, cachées aux mortels … n’étaient pas l’entrée des mers glaciales qui commençaient là, si les pôles n’y étaient pas compris, et si cet étroit espace n’était pas précisément la mer libre du pôle…

Albertine Disparue Page 284

L'artiste

Lambert

Madeleine

"La création, c’est le sillon à creuser pour mieux résister, pour repousser la mort." (Madeleine Lambert.2008)

Madeleine Lambert est une artiste plasticienne née à Lyon en 1935.

L’écriture avant tout

Son travail porte sur le rapport entre le visuel et l’écrit. Elle incorpore l’écriture, conçue comme un vecteur sémantique autant qu’une expression plastique. Dans ses œuvres, collages et papier voisinent sur une même surface avec les huiles et acryliques sur toile.