Fusain et aquarelle. Auguste Leroux. Félicité et le taureau. Achat Cadeau tableau décoration illustration dessin
Date de création : 
1913
Technique : 
Support : 
papier
Dimensions : 
dessin: 19,5cm x 14,5cm. Cadre: 35,5cm x 29cm.
Inscription : 
Signé en bas à gauche. Etiquette explicative au dos.
Etat de l'œuvre : 
Excellent
Domaines : 
Période : 
420 €
L'œuvre

Félicité luttant contre le taureau… Fusain et aquarelle d'Auguste Leroux.

Illustration du conte de Flaubert: "Un coeur simple" ( voir le texte en fin de fiche).

N'a pas été décadré.

Pour voir une photographie en accrochage du dessin, cliquez ici.

Qu'en dire ?

Un beau projet travaillé au fusain puis aquarellé qu'Auguste Leroux a réalisé en 1913.

On voit bien, sur ce dessin, comment l'artiste travaille sa composition. Il pense en masses colorées et place les éléments cruciaux de l'évènement représenté en fonction des émotions qu'il veut obtenir.

Toute la lumière se concentre sur  le taureau et sa peau tavelée afin de renforcer l'impression de danger et de force incontrolée. L'orientation en diagonale de l'échine de la bête suggère la course  et la vitesse. Les pauvres enfants et leur mère qui fuient forment un chaos indéterminé,  des touches d'aquarelle indistinctes, en haut à droite du dessin. C'est comme si le peintre avait voulu représenter la peur plus que ceux qui l'éprouvaient.

Enfin Félicité, l'héroïne de la scène, est saisie au moment ou elle se glisse par la barrière à clairevoie. Sa coiffe de travers dissimule son visage, son bras est levé vers la bête pour lui lancer une dernière motte de terre tandis que de l'autre main elle s'aide pour se frayer un passge vers la sécurité. Tout y est, la modestie et l'inconscience, l'action irréfléchie, irraisonnée saisie en un instant. Il y a dans la verticalité de Félicité un courage indompté mais qui ne se connait pas lui-même, comme le suggère le visage resté caché sous la coiffe.

Cette illustration renferme toutes les qualités d'un grand tableau, avec sa composition sure, qui donne à chaque élément de la scène sa valeur d'émotion et d'intensité.

 

La photographie de l'illustration du livre est issue de l'annonce de vente 15240 du libraire "Livres et Collections P. Commerot - Sèvres" qui propose à la vente un exemplaire de l'ouvrage illustré par Auguste Leroux.

 

Texte de Flaubert

Ses sabots, comme des marteaux, battaient l’herbe de la prairie ; voilà qu’il galopait maintenant ! Félicité se retourna et elle arrachait à deux mains des plaques de terre qu’elle lui jetait dans les yeux. Il baissait le mufle, secouait les cornes et tremblait de fureur en beuglant horriblement. MmeAubain, au bout de l’herbage avec ses deux petits, cherchait éperdue comment franchir le haut-bord. Félicité reculait toujours devant le taureau, et continuellement lançait des mottes de gazon qui l’aveuglaient, tandis qu’elle criait :
— Dépêchez-vous ! dépêchez-vous !
Mme Aubain descendit le fossé, poussa Virginie, Paul ensuite, tomba plusieurs fois en tâchant de gravir le talus, et à force de courage y parvint.
Le taureau avait acculé Félicité contre une claire-voie ; sa bave lui rejaillissait à la figure, une seconde de plus il l’éventrait. Elle eut le temps de se couler entre deux barreaux, et la grosse bête, toute surprise, s’arrêta.
Cet événement, pendant bien des années, fut un sujet de conversation à Pont-l’Évêque. Félicité n’en tira aucun orgueil, ne se doutant même pas qu’elle eût rien fait d’héroïque.

L'artiste

Leroux

Auguste

« Ma seule devise : « Le Beau par le Vrai ». »

Jules Marie Auguste Leroux est un portraitiste, peintre d'histoire, illustrateur, graveur et lithographe né à Paris en 1871.