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Le canapé jaune
Signé en bas à droite
Un nu féminin est allongé sur un canapé jaune, le visage caché.
La pose est pudique, presque fragile, et contraste avec l’éclat qui l’entoure. La composition repose sur l’opposition entre la pâleur dense de la chair et la profusion chromatique du canapé. Le jaune envahi la surface et semble irradier d’une lumière intérieure. Ce contraste rend le corps à la fois plus exposé et plus protégé. La présence humaine reste vulnérable, mais elle est enveloppée d'une aura protectrice faite de couleur.
Le choix du jaune est loin d’être neutre. Dans l’iconographie catholique occidentale, il fut longtemps couleur d’infamie — celle de Judas, puis des signes distinctifs imposés aux exclus, jusqu’à l’étoile jaune de sinistre mémoire. Mais Berdal, par ses attaches à la tradition russe et à sa culture juive, renverse cette charge. Dans l’orthodoxie, le jaune est couleur du divin, éclat de l’éternité. C'est la lumière de la transfiguration. Dans l’univers juif traditionnel, il renvoie à la lumière, jamais au stigmate imposé. Berdal choisit clairement cette dimension positive : le canapé jaune évoque la protection et la gloire intérieure.
Le corps n’est pas exposé pour être jugé ou désiré. Il est sacralisé par la couleur.