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Le mazagran
Signé en bas à droite
Un lourd compotier chargé de fruits, une massive bouteille rouge surplombent un fin mazagran de porcelaine blanche.
Cette œuvre est encadrée d'une caisse américaine blanche. Elle est présentée en accrochage avec La dernière tour, une huile sur toile de Pierre Clayette.
Dans cette œuvre au cadrage rigoureux, Alex Berdal met en scène un dialogue entre des objets choisis pour leur charge symbolique.
Les fruits, deux pommes et une grappe de raisin, appartiennent à l’ordre du vivant. Ils évoquent la nature, l'été, la maturité et par là même, le passage du temps.
Le compotier les porte comme un ciboire sur un autel porte des hosties. Son volume aux courbes solides, son socle ancré dans le plan horizontal accentuent le caractère monumental de l'œuvre.
La bouteille rouge sombre s'oppose, dans sa verticalité, aux rondeurs du compotier. Sa couleur évoque le vin, breuvage festif et convivial, dont les arômes se bonifient avec le temps.
Le mazagran en porcelaine, élancé et plus fragile, vient donner son nom au tableau. Destiné au café, boisson de l’éveil, il évoque le surgissement de l’esprit face au poids de la matière.
Berdal offre, par cette nature morte métaphysique, une réflexion picturale qui nous entraîne à évoquer l'écoulement du temps et le rapport entre l'esprit et la matière.
Mais il pourrait y avoir quelque chose de plus dans ce tableau. Pourquoi Alex Berdal a-t-il choisi de construire son tableau autour du mazagran ? Pour sa forme élancée, c'est certain. Pour son association au café, c'est indéniable. Mais avait-il aussi à l'esprit que ce récipient a été nommé d'après la victoire des troupes françaises sur l'émir Abd-el-Kader lors de la conquête d'Algérie ? Le rouge de la bouteille évoquerait-il le sang versé ?