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Les Bretonnes
Cachet de la vente d'atelier sur le dos de la toile
Trois Bretonnes portant des coiffes de trois régions différentes sont situées en triangle sur ce tableau, l'une de face, l'autre légèrement de trois-quarts et la dernière de profil. Au loin, la ligne d'horizon est constituée d'un village breton.
Le tableau, signé au dos du cachet de la vente d'atelier, est encadré d'une caisse américaine. Il est présenté en accrochage avec une autre œuvre de David Azuz, Ville allemande.
Azuz se démarque ici des représentations traditionnelles de la Bretagne, en traitant son sujet de front et en le stylisant pour éviter tout pittoresque anecdotique. Les figures féminines, avec leurs variétés de point de vue, leur disposition triangulaire et leurs coiffes différentes représentent ici l'ensemble de la Bretagne. David Azuz utilise d'ailleurs une construction fréquemment utilisée chez les peintres symbolistes et nabis du début du siècle, pour souligner que son œuvre a une valeur essentiellement symbolique.
Le décor de maisons bretonnes, à peine esquissé, renforce cette impression. La perspective est volontairement aplatie, comme dans les œuvres de Bonnard ou certains paysages de Sérusier. On retrouve la gamme chromatique de Azuz – des violets, des verts sourds, des terres, des blancs légèrement teintés – avec une pâte épaisse mais souple. Les effets de matière contribuent à l’intensité de la scène.
Ce tableau témoigne de la connaissance qu'a Azuz de la peinture française, Gauguin, Émile Bernard, Paul Sérusier et de sa volonté d'intégrer ses thèmes traditionnels à son langage pictural personnel. On y retrouve aussi l'intérêt du peintre pour la figure féminine dans son environnement culturel. C'est une œuvre rare dans la production de l'artiste, d'une qualité picturale à la fois dense et dépouillée.