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Les poires
Signé en bas à droite
Sur un fond rouge aux reflets orangés, plusieurs poires vertes sont disposées, sans ombres précises. Aux deux tiers du tableau, un fond rose strié de bleu illumine la composition.
Le tableau est encadré d'une caisse américaine noire. Il est présenté en accrochage avec Petit nu rose, une aquarelle de Alain Bonnefoit.
Alex Berdal a choisi de brosser une nature morte où chaque fruit est construit dans l’épaisseur de la matière picturale, sans ombres marquées ni modelé précis.
La composition s’organise autour d’un plan horizontal qui occupe les deux tiers inférieurs du tableau : une surface rouge, traitée en aplats satinés, solide mais dont l'on ne parvient pas à définir si elle est horizontale ou verticale. Au-dessus, un second registre, moins stable, est composé d'un fond rose parsemé de signes bleutés. Il évoque peut-être un papier peint, un rideau, ou simplement un fond abstrait – une mémoire murale en vibration.
Cette séparation stricte de l’espace en deux bandes si différentes crée à la fois une structure stable, mais aussi un effet d’ambiguïté spatiale : les poires, jetées sur la surface rouge, semblent à première vue posées sur un plan horizontal, mais pourraient aussi bien être en train de tomber à la verticale. Certaines sont orientées comme si elles glissaient, d’autres comme si elles s’écrasaient contre une surface inclinée. Cette incertitude est créée volontairement par l'artiste, pour troubler la lecture de l'œuvre et montrer plus qu'une simple nature morte.
Il y a là une poésie de l’inconfort, un décalage entre équilibre et déséquilibre. Cette scène n’est pas figée, mais en train d’advenir, entre ordre et désordre, géométrie et accident, stabilité et dérèglement.
Le traitement du volume, sans ombre clairement portée, grâce au seul jeu de la matière, donne au tableau une sensation de densité et de présence.
Alex Berdal est ici fidèle à sa démarche picturale : peindre non pour illustrer, mais pour donner corps à son imaginaire.