Vous souhaitez recevoir plus d'informations concernant une oeuvre, ses caractéristiques ...
Napoléon et ses maréchaux dans les nuées
Signé en haut à gauche Michel Victor le 10 aout 1856
Napoléon, au milieu de ses maréchaux, chevauche dans les nuées et veille sur la France.
Ce tableau est encadré d'une baguette moulurée customisée noire et argent, et présenté avec Les saules, une huile sur toile de Daniel Octobre.
Les chevaux s’élancent, les plumets se déploient, les uniformes brillent dans un ciel assombri. Au centre, reconnaissable à son bicorne noir et à son habit vert, Napoléon monte un cheval clair dont l’encolure puissante domine la composition. Autour de lui, les cavaliers se pressent en une assemblée compacte. On aperçoit à gauche de l'Empereur, reconnaissable à ses moustaches et à son turban, le mamelouk Roustan, fidèle de l'Empereur. Lannes, Murat, Lefèvre figurent aussi aux côtés du "Petit chapeau".
Les visages restent graves, impassibles, tandis que leurs montures poursuivent une chevauchée sans obstacle ni destination. L’histoire semble avoir suspendu son cours : l’Empereur et ses compagnons sont réunis pour toujours.
Peinte en 1856, sous le Second Empire, cette gouache populaire donne vie à l’une des espérances de la légende napoléonienne : les héros disparus veillent sur les vivants. Depuis les hauteurs, l’Empereur et ses guerriers montent la garde. La France invisible sous les nuages, est placée symboliquement par le peintre sous leur protection.
Une telle apparition porte la mémoire d’une immense perte. Aux soldats morts loin de leur foyer, aux compagnons dispersés sur les routes de l’Europe, l’imagination restitue une communauté. Ils ont retrouvé leurs chevaux, leurs couleurs, leur dignité et leur chef. La mort n’a pas rompu leur fraternité. La défaite n’a pas épuisé leur bravoure. Dans cette réunion céleste, la douleur des séparations se transforme en espérance d’une gloire partagée.
Michel Victor traduit cette ferveur par une peinture attentive aux signes de reconnaissance. Les rouges des cols et des plumets, les jaunes des épaulettes et des galons, les bleus profonds des habits éclairent les gris et les bruns du ciel. Les harnachements sont minutieusement ornés ; les silhouettes se détachent avec netteté. Les libertés du dessin et les superpositions privilégient la présence de chacun au sein de l’assemblée.
Cette gouache fait partie de l'exposition sur La légende napoléonienne : deux siècles d’art populaire, et la thématique qui lui est associée, Napoleon et sa légende, une exploration artistique.