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Yvette Chauviré
Signé à gauche au-dessus de la jambe de la danseuse.
Yvette Chaviré en tain de saluer est agenouillée sur scène, resplendissante.
En 1929, la jeune Yvette, âgée de douze ans, interprète son premier rôle dans le ballet L’Éventail de Jeanne à l’Opéra de Paris.
Ce ballet collectif, imaginé par Jeanne Dubost et chorégraphié par plusieurs maîtres, fut accompagné d’une partition écrite à plusieurs mains par Ravel, Poulenc, Roussel et Schmitt. L’événement marqua la réouverture du Théâtre national de l’Opéra après travaux, et attira un large public.
Sternberg a pu fixer le souvenir d’une apparition qui enthousiasma la critique.
La jeune danseuse, genou fléchi, bras levé, semble absorbée par le souvenir de son premier rôle, tout en prenant plaisir aux applaudissements. Les rehauts d’orange, de vert clair et de bleu donnent un souvenir des couleurs du ballet dont il ne subsiste que des photographies en noir et blanc.
La touche libre, proche du croquis coloré, traduit la vitesse et la fraîcheur d’une impression saisie sur le vif, dans l’esprit des esquisses de scène d’un Degas tardif ou d’un Toulouse-Lautrec allégé de tout décor.
Ce dessin, par sa double dimension – portrait d’une future étoile et témoignage du Paris artistique de 1929 – possède une valeur à la fois documentaire et esthétique.
Il illustre la manière dont un peintre venu d’Europe centrale s’imprègne de la vitalité culturelle parisienne pour célébrer la danse, avec allégresse graphique et liberté du trait.
La présence d’Yvette Chauviré, encore enfant mais déjà remarquée, en fait une œuvre témoin d’un moment charnière dans la vie de l’Opéra de Paris.