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Arlequine
Signé en bas à gauche
Une jeune femme aux longs cheveux blonds, coiffée d'un bicorne noir et revêtue d'un costume d'arlequin, nous regarde en tenant le masque blanc qu'elle vient de retirer.
Elle est présentée dans une caisse américaine noire, au-dessous d'une huile sur toile de Franz Priking, La route, à venir sur le site.
La jeune femme est assise à une table recouverte d’un tissu rouge à motifs floraux stylisés, qui répond aux losanges de son costume aux reflets chatoyants de la Commedia dell’arte. Son regard pénétrant, fixe le spectateur. Deux rideaux bruns richement ornés encadrent, à l'arrière-plan, un motif de ciel semblant tout droit sorti d'une toile peinte de décor de théâtre.
Le traitement de la matière picturale est souple, avec une pâte visible, de grands coups de pinceau, comme dans les décors de scène. La touche est vivante, portée par les contrastes notamment entre la carnation délicate du visage et les sombres veloutés du costume.
Le masque blanc, saisi avec précision, constitue un objet de transition entre le monde de la représentation, théâtrale tout comme picturale, et le monde réel. L’Arlequin est habituellement un personnage masculin, fantasque et rusé. Ici, une fois son masque ôté, Arlequin se dévoile au féminin. Il y a là une réflexion sur les apparences, et sur le jeu des identités.
L’Arlequine de Chochon n'est plus en train de jouer la comédie. Son regard semble questionner le spectateur : qui vois-tu quand je ne joue plus de rôle ?
André Chochon, Grand Prix de Rome en 1942, conjugue ici toutes ses qualités : sensibilité narrative, art de la mise en scène, théâtralité contenue pour nous livrer une œuvre élégante et ambiguë.