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La partition
Signé en bas à droite Berdal
Devant une chaise en bois noirci, une partition est posée sur une table. Avec la partition, l'artiste a disposé une bouteille d'eau et deux pommes, une flûte et un violon.
Le tableau est encadré d'une caisse américaine noire. Il est présenté en accrochage avec la dernière tour, une huile sur toile postapocalyptique de Pierre Clayette.
Ce qui frappe au premier abord dans cette œuvre d'Alex Berdal, c'est la volonté qu'a eu le peintre de divertir, au sens propre, notre regard. La partition et les objets qui l'accompagnent sont disposés avec soin de manière à empêcher la vue de se fixer, à nous faire aller de la flûte au dossier de la chaise, puis revenir aux pommes, chercher la partition, trouver le pupitre à musique, s'égarer sur le violon et enfin, enfin, trouver la surface qu'habite cette partition qui donne le titre au tableau.
Volontairement, Alex Berdal brouille les repères spatiaux. Il superpose les plans, fait vaciller les lignes.
Cette impossibilité de stabiliser le regard a un but. Le tableau, comme toujours dans la démarche de Berdal, n'a pas pour but de représenter des objets, mais de conduire l'esprit vers un foisonnement d'idées et d'impressions.
Ici Berdal nous donne à voir sa conception du rythme et de la musique. Il parvient à réussir ce tour de force pictural, faire vibrer son tableau comme une phrase musicale. Les lignes de portée de la partition deviennent des ondes sonores et les couleurs,bleu, rouge, jaune, battent visuellement la mesure. L’œil est invité à parcourir l’espace du tableau comme on suit un phrasé musical, avec ses accélérations, ses pauses, ses reprises.
Au-delà de la représentation d’une partition, cette œuvre peut se lire comme une métaphore de la peinture elle-même. Peindre, c’est écrire un rythme dans l’espace, c’est organiser des vibrations, des pauses, des silences. Ici, le grand pan blanc que Berdal a installé à gauche de son tableau agit comme un silence visuel. Le tableau devient ainsi une partition pour le regard, un espace où la musique et la peinture s'interpénètrent.
Avec La partition, Alex Berdal a conçu une œuvre qui dépasse la simple représentation d'objets liés à la musique. Il livre une méditation sur le rythme et la vibration de la matière.