Faussaire en art: un vrai métier. les faux sur papier.

Tout comme les grandes marques de luxe, le marché de l’art compte son lot de faussaires. Ceux-ci produisent de faux tableaux d’un artiste et tentent ensuite de faire reconnaitre ces faux auprès d’experts ou encore de les vendre dans des ventes aux enchères ou directement à des collectionneurs.

Etre faussaire en art à notre époque où les technologies d’authentification des œuvres sont de plus en plus poussées est devenu un véritable métier et parfois même une industrie. Comment procèdent les faussaires en art aujourd’hui? Quelles sont leurs astuces ?

Episode 1 : Les faux sur papier (dessins, aquarelles, fusains, gouaches..)

Ce sont les faux les plus difficiles à détecter.
Le faussaire commence par choisir l’artiste qu’il va copier. Cet artiste doit être moyennement connu pour que le faux ne soit pas trop visible, mais avec une bonne cote. Le faussaire effectue alors une recherche sur l’œuvre de l’artiste.

Un artiste effectue en général plusieurs dessins préparatoires avant de concevoir un tableau. Ce sont ces dessins qui intéressent le faussaire. Il va, en effet, concevoir un faux qui s’intègre parfaitement dans une série de dessins préparatoires pour une même œuvre. Cela peut être un dessin d’un détail du tableau, ou un dessin d’une version légèrement différente de celle du tableau final avec par exemple une posture ou des couleurs qui changent. Il est très important que le faux semble avoir une existence logique par rapport au travail de l’artiste.

Le faux est réalisé « à la manière » de l’artiste sur un papier d’époque acquis par les soins du faussaire. Cela rend l’authentification difficile puisque le prélèvement des pigments (pour analyse) sur ces papiers anciens très fins est quasi impossible à faire sans prendre le risque de détruire l’œuvre.

Quand le faux est fini, il est important de l’encadrer de façon extrêmement riche et recherchée. L’acheteur potentiel pensera: si le propriétaire antérieur a dépensé tant d’argent dans l’encadrement, c’est que c’est bien un dessin authentique.
Le faussaire se rend ensuite avec son faux chez un expert pour le faire authentifier. Si il réussit à tromper la vigilance de l’expert, le faux sera vendu aux enchères. Si ce n’est pas le cas, il sera détruit aussitôt pour ne pas laisser de traces.
Le faux peut parfois même être vendu directement à des collectionneurs sous le sceau du secret.

La seule façon de lutter contre ces faux extrêmement bien pensés et conçus reste l’intervention des descendants de l’artiste. Si ceux-ci ont à cœur de défendre la postérité de l’artiste, ils sont en général attentifs à ce que des faux ne se déversent pas sur le marché.