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L'approche
Signé et daté en bas à droite, titré en bas à gauche
Une femme au visage fermée, semble incommodée par les avances d'un homme qui semble ne pas comprendre son rejet. Provenance : Galerie de l'Aire du Verseau.
Cette huile sur papier est collée sur un support de fond et encadrée d'une baguette cérusée. Elle est présentée en accrochage avec un collage dualiste de Joseph Kadar (à venir sur le site, l'Éléphant en bronze de Doko Dokov et un coupe-papier de bronze de la Belle Époque signé Marrionnet.
Jean-Baptiste Chéreau, au début des années quatre-vingt, a travaillé sur le thème des émotions et des comportements sociaux, et nous présentons deux de ses œuvres de cette période, Curieuse et l'Approche.
Dans cette composition, Chéreau joue sur les oppositions de traitement et d’expression : l'homme est pâle, filiforme. Son visage stylisé, presque caricatural, est tourné vers la femme, esquissant un sourire incertain.
Le visage de la femme, lui, est fortement sculpté dans la pâte picturale, les traits soulignés par des à-plats violacés.
La dynamique psychologique prime sur toute narration. On retrouve ici une constante de l’œuvre de Chéreau : ses personnages n’agissent pas, ils ressentent.
Datée de 1982, cette œuvre s’inscrit dans la dernière décennie du peintre, marquée par une simplification des formes, une intensification de la dramaturgie intérieure, et une réduction des moyens plastiques au profit de la tension intérieure des sujets.
L’œuvre peut se lire comme une scène d’approche sentimentale – ou plutôt d’intrusion relationnelle. La femme n’est pas séduite : elle est sur la défensive, fermée, et semble anticiper la suite avec irritation ou exaspération. L’homme, lui, est difficile à situer : est-il aveugle au rejet ? Ou refuse-t-il de le voir ? Chéreau laisse cette ambiguïté volontairement ouverte.
Dans le contexte contemporain, où l’on interroge avec acuité la notion de consentement, L’Approche installe un moment de malaise.
Chéreau nous donne une fable sur la dissymétrie du désir, et sur le moment critique où l’un des deux ne voit pas ce que l’autre exprime pourtant avec évidence.
Non observé hors du cadre.